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Le golfe du Morbihan boudé par les oiseaux hivernants

Le 13 septembre 2018 par Romain Loury
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Canard siffleur
Canard siffleur

Dans le golfe breton, les oiseaux migrateurs se font moins nombreux: leurs effectifs auraient diminué de plus de 30% depuis le début des années 1990, selon des chiffres publiés lundi 10 septembre par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Parmi les causes possibles, la fréquentation humaine de ces côtes, toujours plus forte, et la raréfaction des plantes aquatiques.

Le phénomène a de quoi inquiéter: de retour de leur estivage dans le nord de l’Europe (îles britanniques, Scandinavie, voire Sibérie), à partir de septembre, les oiseaux migrateurs optent de moins en moins pour le golfe du Morbihan. D’environ 100.000 au début des années 1990, les comptages actuels font état de moins de 70.000 individus, révèlent l’ONCFS, le parc naturel régional du golfe du Morbihan et la réserve naturelle Marais de Séné dans un bulletin publié lundi.

Parmi les oiseaux migrateurs, ceux dits «plongeurs» (garrot à l’œil d’or, fuligule milouin), déjà peu nombreux, ont «quasiment disparu», constate Jérôme Cabelguen, conservateur de la réserve nationale de chasse et de faune sauvage du golfe du Morbihan, contacté par le JDLE. Plus abondants, les oiseaux herbivores, tels que la bernache cravant, le canard siffleur et la foulque macroule, connaissent un fort déclin.

Une baisse localisée

Cette baisse semble limitée au golfe du Morbihan, et épargne d’autres zones voisines telles que l’estuaire de la Loire et les marais de Guérande, constate Jérôme Cabelguen. Selon lui, le phénomène serait en partie lié à un problème d’alimentation des oiseaux herbivores, avec la raréfaction des zostères, plantes aquatiques dont ils sont friands.

En cause, les activités nautiques, le mouillage des ancres, la qualité de l’eau. De plus, la fréquentation du golfe du Morbihan, longtemps restreinte à la période estivale, a explosé ces dernières décennies: «c’est désormais un problème toute l’année, ce qui entraîne un dérangement par l’homme de ces oiseaux», observe le conservateur. C’est d’ailleurs dans les zones les mieux protégées, qui constituent moins de 10% du golfe et où la pression humaine est moins forte, que le déclin est le moins marqué.



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