Le glyphosate de plus en plus contesté

Le 05 novembre 2004 par Claire Avignon
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L'agrochimiste américain Monsanto est accusé par des associations écologiques de publicité mensongère sur Roundup, le désherbant commercialisé depuis 1975, et numéro un en France comme dans beaucoup d'autres pays. Le produit n'aurait pas prouvé une bonne biodégradabilité. Le procès qui devait avoir lieu le 4 novembre a été reporté au 5 juin 2005. Mais le débat est lancé.

La Maison de la consommation et de l'environnement qui regroupe entre autres Eau et rivières de Bretagne et UFC-Que choisir attaque Monsanto Agriculture France (167 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2003), le producteur du pesticide Roundup, et Scotts France, le distributeur. Le procès devait avoir lieu le jeudi 4 novembre devant le tribunal correctionnel de Lyon mais il est reporté au 5 juin 2005 parce que Scott France n'a pas reçu sa citation en bonne et due forme. Les termes "biodégradable" et "respecte l'environnement" ont été utilisés pour vendre le produit dont le principe actif est le glyphosate. Or selon Mikaël Laurent, chargé de mission pour la Maison de la consommation et de l'environnement, «un herbicide, par essence, tue les herbes. Il n'est donc pas bon pour l'environnement. Quant au terme de "biodégradabilité", il ne peut s'appliquer qu'en précisant le pourcentage de la masse biodégradable et le temps mis pour la dégradation.»

En 2002, Monsanto a retiré les propriétés du produit mis en cause des emballages. La procédure avait été lancée en 2000 par l'association bretonne car la région souffre de la pollution de ces eaux. Le taux de glyphosate dans les eaux superficielles et souterraines tend à augmenter selon le rapport de l'Institut français de l'environnement (Ifen) publié en juillet 2004. Intitulée"Les pesticides dans l'eau" l'étude reprend les données de 2002. 37% des échantillons sur les eaux superficielles avaient à l'époque un résultat quantifié de glyphosate contre seulement 24% en 2001. Et plusieurs capteurs en eaux souterraines utilisées pour la production d'eau potable ont établi pour 2002 des concentrations supérieures à la norme réglementaire de 2 microgrammes par litre.

En plus de la pollution des eaux, des études scientifiques dénoncent les effets sur la santé du Roundup et de tous les herbicides utilisant le glyphosate. Selon Odile Lorillon, codirectrice de l'équipe cycle cellulaire et développement de la station biologique de Roscoff (CNRS, université Pierre et Marie Curie), «nos recherches sur le Roundup ont montré, après pulvérisation du produit, un dysfonctionnement de la division cellulaire sur la modèle expérimental de l'oursin. Et dès que la division cellulaire est fragilisée, un risque potentiel de cancer peut apparaître.» La chercheuse s'inquiète pour les utilisateurs de Roundup, c'est-à-dire les jardiniers et surtout les employés communaux exposés. «Mais ni Monsanto ni les autres groupes qui produisent des herbicides avec du glyphosate ne veulent nous donner la composition exacte de leurs produits, s'insurge Odile Lorillon. Or, ce n'est pas seulement le glyphosate mais le mélange avec les agents de formulation qui est potentiellement cancérigène.» Le groupe de recherche tente actuellement de sensibiliser les autorités sur ce problème.


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