Le Ginkgo biloba, un risque cancérigène?

Le 25 avril 2013 par Romain Loury
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Dangereux pour notre thyroïde, comme Tchernobyl?
Dangereux pour notre thyroïde, comme Tchernobyl?

Le Ginkgo biloba, utilisé sous forme de compléments alimentaires, pourrait avoir des effets cancérigènes au niveau du foie et de la thyroïde, révèle un rapport américain du National Toxicology Programme (NTP).

«Depuis quelques années, le ginkgo permet aux compagnies de prétendre que leurs compléments alimentaires et leurs boissons énergisantes apportent des bénéfices en termes de concentration et de mémoire (…). Les preuves de telles allégations sont, au mieux, assez douteuses», estime Michael Jacobson, directeur exécutif de l’association de consommateurs Center for Science in the Public Interest (CSPI), dans un communiqué.

Voilà même que le Ginkgo biloba pourrait avoir des effets cancérigènes, selon le document que vient de publier le NTP, programme américain d’évaluation toxicologique placé sous l’égide du Département de la santé et des services sociaux des Etats-Unis (DHHS).

C’est du moins ce que suggèrent des travaux menés chez des rats et souris, gavés 5 jours par semaine avec du ginkgo biloba sur une durée de 2 ans. Chez les rats, mâles et femelles, «il existe des éléments en faveur d’une activité carcinogène» au niveau de la thyroïde, estiment les experts. Chez la souris, le niveau de preuve semble encore plus élevé au niveau hépatique: parmi les 50 mâles ayant reçu la plus forte dose (2.000 mg/kg de poids corporel), 47 ont développé un carcinome hépatocellulaire, contre 22 des 50 non traités. «Les extraits de ginkgo biloba entraînent des cancers de la glande thyroïde chez les rats mâles et femelles, chez les souris mâles, ainsi que des cancers du foie chez les souris mâles et femelles», concluent les experts du NTP.

Pour les consommateurs, il y a là de quoi éviter toute consommation de ginkgo biloba, que ce soit sous forme de compléments alimentaires, de tisanes ou de boissons énergisantes, estime le CSPI. Sans trop de surprise, l’American Botanical Council (ABC), syndicat américain des producteurs de compléments alimentaires à base de plantes, s’érige contre les conclusions du NTP. Selon lui, les chercheurs ont utilisé des extraits de ginkgo biloba provenant de Chine, dont la pureté est bien moindre que celle d’extraits fabriqués dans d’autres pays. Autre reproche, la dose administrée aux animaux serait «55 à 108 fois plus élevée» que celle normalement ingérée par les consommateurs.



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