Le Giec publie son cinquième rapport d’évaluation

Le 26 septembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Il est désormais quasiment impossible de stabiliser à 2°C le réchauffement climatique.
Il est désormais quasiment impossible de stabiliser à 2°C le réchauffement climatique.
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Confirmant l’essentiel des projections des précédents rapports, le premier tome du nouveau rapport du Giec nous renvoie à notre incapacité d’alléger l’empreinte carbone de nos activités.

Ce vendredi 27 septembre, le Groupement intergouvernemental d'experts sur l’évolution du climat (Giec) publie, à Copenhague, deux documents d’importance. D’abord, le très attendu premier tome de son cinquième rapport d’évaluation. Comme pour les précédentes éditions, ce très gros livre (2.000 pages et 1.250 illustrations) synthétise l’état de la connaissance scientifique sur le climat. Les trois autres tomes seront consacrés aux impacts, à la vulnérabilité et à l'adaptation au changement climatique, ainsi qu’aux moyens d’atténuer le phénomène. Leur publication est attendue, respectivement, au 31 mars et au 11 avril 2014. Elles seront suivies, le 31 octobre 2014, par la sortie du rapport de synthèse. Vendredi, le Giec accouchera, au terme d’un long et douloureux exercice de rédaction collectif, du «rapport aux décideurs». Cette super-synthèse (une vingtaine de pages) sera la Bible des négociateurs pour préparer les prochains sommets climatiques, et notamment celui du Bourget, au cours duquel doit, en principe, être conclu le prochain accord mondial encadrant la lutte contre le changement climatique.

Que nous dit ce premier tome?

Il confirme, pour l’essentiel, les grands messages des moutures publiées en 1990,1995, 2001 et 2007. A savoir: le climat mondial s’échauffe (de 0,8°C en moyenne entre 1901 et 2010). La période 1981-2010 est probablement la plus chaude observée depuis 1.300 ans. Ce réchauffement est, sans le moindre doute possible, très majoritairement provoqué par une hausse des concentrations de gaz à effet de serre (GES), fruits des activités humaines. Les teneurs dans l’atmosphère de gaz carbonique (CO2), méthane (CH4) et leur taux d’accroissement sont les plus importants depuis, respectivement, 800.000 et 20.000 ans. Depuis 1958, année où l’observatoire américain de Mauna Loa (Hawaï) a commencé à mesurer en continu la concentration en CO2, celle-ci a progressé de 24%.

Un océan plus acide?

Ce réchauffement commence à produire ses effets. A terre, le nombre de nuits et de jours froids a décru quand, parallèlement, augmentait le nombre de nuits et de jours chauds. En mer, la température moyenne des 75 premiers mètres d’eau augmente de 0,1°C par décennie. Et la température monte très doucement, mais sûrement, aux plus grandes profondeurs (jusqu’à 4.000 mètres). La salinité de certaines régions océaniques se modifie. En absorbant le quart du CO2 relâché par les activités anthropiques, l’océan voit son stock de carbone augmenter significativement et avec lui son acidité. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, le pH de l’eau marine est passé, en moyenne de 8,2 à 8,1. Infime, en apparence, cela correspond à une augmentation de 26% des ions hydrogène et donc à une acidification significative des océans. De même, le niveau moyen des mers s’est élevé de 3,7 millimètres par an depuis 1993 (contre 2 mm/an durant le XXe siècle). Quasiment partout, les glaces fondent. Depuis 10 ans, les glaciers telluriques perdraient de 371 à 210 milliards de tonnes de glace, chaque année. Aux pôles, la fonte des glaces du Groenland, de l’Arctique et de l’Antarctique s’accélère. Cet afflux d’eau douce contribue, avec la dilatation thermique, à l’élévation du niveau de la mer.

Quelles évolutions?

Au cours des 20 prochaines années, les tendances de ces dernières décennies se poursuivront, quoi qu’on fasse. La température moyenne globale pourrait grimper de 0,4°C à 1°C. Une majorité de climatologues penchent toutefois pour le bas de la fourchette. Les régions les plus humides devraient l’être davantage sous l’effet d’un accroissement des précipitations. A contrario, il pleuvra moins sur les zones les plus sèches. Le nombre de jours et de nuit chauds progressera, comme diminueront les soirées et les journées fraiches. Les océans continueront leur réchauffement et les glaces leur retrait. C’est à plus long terme que les jeux sont plus ouverts.

Selon que nous réduirons ou non nos émissions de GES, le mercure du thermomètre mondial n’atteindra pas les mêmes sommets. Si nous parvenons à stabiliser les concentrations de GES à 490 parties pour million avant 2100 (en gros que ces teneurs ne progressent que de 10% par rapport à leur niveau actuel), le scénario RCP 2,6 annonce une hausse moyenne des températures de 1°C (par rapport à la fin du XXe siècle).

Un crédit déjà entamé

Si nous continuons sur notre lancée actuelle, l’atmosphère comptera 660 ppm de GES et la hausse du thermomètre sera d’environ 1,8°C (RCP 4,5). Le scénario le plus débridé (RCP 8,5) promet une hausse des températures de 3,7°C à l’horizon 2100 et de 8,7°C deux siècles plus tard. Il en ira de l’élévation du niveau de la mer comme des températures, nous avons toutes les cartes en main. Ne rien faire ferait grimper, à la fin du siècle, le niveau des océans de 64 centimètres (scénario RCP 8,5), contre 42 centimètres pour le scénario le plus favorable (RCP 2,6). A noter toutefois que le scénario médian (RCP 4,5) fait tout de même monter les flots de 1 à 3 mètres à l’horizon 2300. En résumé, si nous voulons limiter les dégâts, nous devrions (tenter de) limiter le réchauffement à 2°C par rapport au début de l’ère pré-industrielle. Ce qui nous place entre les deux scénarios les plus raisonnables.

Pour rester dans ces clous, nous disposons, pour tout le XXIe siècle, d’un capital de carbone disponible estimé entre 450 et et 750 milliards de tonnes. Un capital déjà bien entamé. Durant les 11 premières années du siècle, nous en avons déjà consommé plus de 50 milliards.



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