Le génie écologique ou la naissance d’une filière

Le 06 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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L’Afnor a lancé début décembre 2011 une enquête publique relative à une nouvelle norme sur la conduite de projets de génie écologique appliqués aux zones humides et cours d'eau. Et c’est bien à la naissance d’une nouvelle filière à laquelle nous assistons.

«La filière du génie écologique avait besoin de reconnaissance, notamment lorsqu’elle est mise en concurrence sur certains chantiers d’aménagement», explique Mélanie Pinatton, chef du projet de normalisation à l’Afnor.
 
Restauration et réhabilitation de berges, aménagement ou entretien de cours d’eau, prise en compte d’écosystèmes dans l’aménagement du territoire... le génie écologique a pour but de préserver et développer la biodiversité. Mais surtout d’aménager sans détruire les écosystèmes.
 
Et pour cette filière en gestation, le marché est en forte croissance. Le ministère de l’écologie y croit également, puisqu’il a décidé de rejoindre le processus de normalisation initié par quelques entrepreneurs désireux de structurer cette filière verte.
Il faut dire que, dans le cadre d’un appel à projets, les experts en génie écologique sont souvent plus chers dans leur prestation et dans leur suivi que les paysagistes, par exemple. Pour la plupart de ces petites PME qui ne sont pas encore structurées et pas encore très bien organisées, elles ont du mal à justifier l’intérêt écologique de leurs prestations.
 
En demandant à l’Afnor d’engager un processus de concertation pour la mise en place d’une nouvelle norme, ces experts ont décidé de s’attaquer d’abord aux zones humides et au cours d’eau. Selon eux, 90% du marché concernent ces milieux naturels. De plus, ce sont des environnements qui réagissent très rapidement aux changements. Evaluer la pertinence des choix de développement est donc plus facile dans ces milieux plus sensibles.
 
Premier référentiel commun sur le sujet, la norme a pour vertu d'homogénéiser les pratiques et d'encadrer le marché pour des projets «dont la finalité demeure le bon fonctionnement des écosystèmes, plus que la seule préservation statique de quelques habitats ou espèces», précise l’Afnor dans son communiqué. «Nous avons essayé de rédiger un document adapté à la fois aux petits et aux grands projets», complète Mélanie Pinatton.
 
La notion de coordinateur Biodiversité, comparable au coordinateur Sécurité sur un chantier, est née grâce aux tables rondes entre experts. «Cette personne aura suffisamment de connaissances en écologie pour pouvoir débloquer des situations épineuses», explique la chef de projet de normalisation à l’Afnor.
 
Cette nouvelle norme propose surtout des solutions concrètes et pragmatiques adaptables à tout projet de génie écologique. Elle laisse l'initiative au maître d'ouvrage pour faire le choix des orientations à adopter et des techniques à mettre en œuvre. Elle décrit l'ensemble des opérations d'études, de maîtrise d'œuvre, de travaux et de gestion. Elle définit surtout un certains nombres de termes techniques et «le consensus n’a pas toujours été facile à trouver notamment pour le terme de génie écologique, ou de renaturation ou encore de restauration», conclut Mélanie Pinatton.
 
La nouvelle norme NF X10-900 s’adresse tout particulièrement aux pouvoirs publics, aux ingénieurs, aux hydrologues, aux biologistes et aux naturalistes.
 
Prochaine étape pour les spécialistes du génie écologique, se pencher sur le littoral. La norme suivante devrait concerner ce milieu où les projets de développement sont nombreux.
 
L’enquête publique engagée le 1er décembre 2011 devrait se terminer le 29 février 2012.
Lien vers l’enquête publique: http://www.enquetes-publiques.afnor.org/
 
 


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