Le GCO strasbourgeois ressucité sous la forme d'une autoroute

Le 22 novembre 2013 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La cigogne alsacienne détournée par les opposants au GCO.
La cigogne alsacienne détournée par les opposants au GCO.
DR

On le croyait enterré: le contournement de la capitale alsacienne par l’ouest vient d’être remis en selle par un rapport commandé par le gouvernement Ayrault. Principale préconisation: construire une autoroute moins large et donc moins chère. La région et le département (de droite) exultent, la mairie (socialiste) se réjouit mezzo voce. Les écologistes sont furieux.

Le GCO[1] est mort, vive l’A35 qui contourne Strasbourg par l’ouest! Voilà résumé le rapport des deux inspecteurs généraux du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), qui ont présenté hier 21 novembre, aux côtés des élus alsaciens et du préfet de région, leurs conclusions sur le devenir de cet axe d’une trentaine de kilomètres. Jean Panhaleux et François Renvoisé, ingénieurs des Ponts, des eaux et des forêts, missionnés par Frédéric Cuvillier en novembre 2012 pour phosphorer sur «les déplacements dans la périphérie de l’agglomération strasbourgeoise», préconisent la réalisation de cette portion en concession, pour désengorger, aux heures de pointe, la métropole strasbourgeoise. Ils encouragent également «la poursuite de la politique ambitieuse de développement de l'usage des transports en commun».

Projet redimensionné

Autant de propositions qui permettent de lever un certain nombre des obstacles –essentiellement financiers- qui s’accumulaient sur le chemin du GCO, dont l’enterrement avait pour ainsi dire été annoncé en juillet 2012, avec le retrait du concessionnaire Vinci, faute de soutien des banques. En effet, l’ouvrage serait, à peine, moins gourmand en terres agricoles (avec une emprise de 280 hectares au lieu de 300), un peu moins étendu (2X2 voies au lieu de 2X3 voies), et donc davantage attractif pour un concessionnaire. Le tout dans un contexte de disette pour l’Etat et les collectivités locales, ces dernières pouvant presque espérer supprimer leurs contributions à un projet jusque-là estimé à 750 millions d'euros. Enfin, le projet remanié aurait aussi le mérite de pouvoir être réalisé «dans le cadre de la DUP actuelle», ce qui permettrait de faire l’économie (de temps et d’argent) de quantité de recours.

Au passage, le GCO acquerrait le statut d’autoroute et chiperait son numéro au tronçon qui ceint la capitale alsacienne. La future ex-A35, ainsi requalifiée, serait alors réaménagée avec des couloirs de circulation réservés aux transports en commun ou au covoiturage.

Projet non chiffré

Oubli de taille: le coût du projet ainsi allégé n’est pas du tout estimé. «Les experts ont répondu que là n'était pas leur mission d'étude», rapportent les Dernières Nouvelles d’Alsace. Une bizarrerie accentuée par le fait que les experts –notamment sur les prévisions de trafic- avaient paramétré leur analyse en retenant l’entrée en vigueur de l’écotaxe.

La droite rit, la gauche sourit

A trois mois des élections municipales, la réaction la plus intéressante est venue de Roland Ries. Le maire sortant s’était jusqu’ici opposé au GCO. «Ce nouveau projet moins ambitieux et plus abordable va dans le bon sens. Ce rapport est une base de travail fort précise et intéressante sur une problématique complexe, délicate, voire sensible», a-t-il déclaré, comme le rapporte RUE89 Strasbourg. Le journal qui considère que le maire, candidat à sa réélection, est en train de «retourner sa veste».

Les écologistes enragent

A Alsace Nature, en guerre depuis près de 30 ans contre le projet, on est furieux. Les nouvelles dimensions du barreauroutier ne les convainquent guère. «Du béton reste du béton, quel que soit son enrobage.» Et de rappeler que «la France reste sous le coup d’une condamnation pour non-respect de ses engagements européens dans la conservation du grand hamster; le dossier est ouvert auprès de la convention de Berne et une pétition est toujours en cours au sein du parlement européen. Tout cela pourrait conduire à aggraver la situation de l’Etat français en matière de contentieux européen», préviennent ses responsables. En juin 2011, la France était condamnée pour manquement aux obligations qui lui incombent en matière de conservation du grand hamster d’Alsace.

Six ans après la déclaration d’intérêt public, le préfet de région espère pouvoir lancer l’appel d’offres «allégé» de quelques hectares et de plusieurs kilomètres dès janvier 2014. Pour un premier coup de pioche début 2015?



[1] Grand contournement Ouest.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus