Le gaz de schiste n’assurera pas l’indépendance énergétique du Royaume-Uni

Le 13 novembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pendant ce temps, l'exploration se poursuit.
Pendant ce temps, l'exploration se poursuit.
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Il n’y a pas qu’en France que le débat sur le gaz de schiste fait couler de l’encre. Au Royaume-Uni, les parties prenantes au débat s’enflamment assez facilement. Les «anti» rappellent qu’il s’agit d’un hydrocarbure émetteur de gaz à effet de serre et que son exploitation comporte des risques environnementaux et sismiques.

Ses partisans, à l’instar du ministre des finances, estiment qu’il s’agit d’une opportunité unique pour réduire la dépendance énergétique du royaume et créer des emplois. Des arguments bien connus de ce côté-ci du Channel.

200 chercheurs

Les membres du centre britannique de recherche sur l’énergie (UKERC) ont eux aussi leur avis. Dans un rapport publié le 12 novembre, ce réseau de 200 chercheurs britanniques esquisse le futur du secteur gazier du royaume. Et se montre très dubitatif sur les perspectives de développement du gaz de schiste made in UK.

Bien que les prospecteurs et les politiques Tories ne cessent d’annoncer des lendemains gaziers qui chantent, les scientifiques de l’UKERC soulignent que le développement de cette ressource gazière n’en est qu’à ses balbutiements. Résultat: «Nous ne savons tout simplement pas quel sera le niveau de production future de gaz de schiste». L’étude rappelle aussi qu’au mieux, les premières molécules ne seront injectées dans le réseau (qui doit être lui aussi développé) qu’au début de la prochaine décennie.

moins de charbon, plus de gaz

D’ici là, la Grande-Bretagne devra faire face à une croissance de sa demande de gaz naturel, en partie imputable à la fermeture prochaine des dernières centrales électriques au charbon. Une croissance qui intervient alors que la production de gaz en mer du Nord, qui ne satisfait plus aux besoins nationaux depuis 2004, décline de 5% par an. Et que les stockages n’ont pas une capacité suffisante pour éviter aux consommateurs britanniques les soubresauts des prix mondiaux du gaz.

Finalement, Londres restera, des décennies durant, tributaire de ses importations de gaz norvégien et qatari. Avec ou sans gaz de schiste. «C’est énervant d’entendre que le gaz de schiste va résoudre tous nos problèmes énergétiques. Il n’y a absolument aucune preuve de cela», a d’ailleurs indiqué, à la BBC, Jim Watson, spécialiste des politiques énergétiques à l’université du Sussex.

Dans un autre rapport, l’UKERC rappelle en outre que pour atteindre ses objectifs climatiques, à moyen terme, le Royaume-Uni devra cesser de produire de l’électricité avec du gaz à partir de 2035. Réduisant d’autant l’intérêt des shale gas britanniques.



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