Le Gave de Pau pollué par des métaux

Le 04 mars 2005 par Christine Sévillano
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Une étude menée par l'agence de l'eau Adour-Garonne en 2002 et 2003 révèle une pollution polymétallique du cours d'eau le Gave de Pau qui s'étend sur plus de 300 kilomètres entre Gavarnie (Hautes Pyrénées) et Orthez (Pyrénées Atlantiques). Les sources n'ont pas toutes été identifiées, mais déjà l'organisme public de gestion de l'eau pense agir pour limiter les rejets.

L'agence de l'eau Adour-Garonne a mis en évidence une pollution du Gave qui borde Lourdes, Pau et Orthez avant de se jeter dans l'Adour. Dans le but d'accentuer la surveillance de ce cours d'eau déjà bien suivi, une étude a été menée en 2002 et 2003. "Nous disposions de quelques indicateurs qui semblaient indiquer des pollutions", explique Jean-Pierre Rebillard, responsable du service connaissance et valorisation de l'agence d'Adour-Garonne. Ce travail n'a pas été réalisé à partir d'échantillons d'eau –qui n'étaient  pas des données assez précises–, mais en analysant des bryophytes, mousses aquatiques qui concentrent les métaux. Les grilles d'interprétation ont permis de montrer des taux anormaux de métaux.

En amont dans la région plus montagneuse, l'étude a révélé la présence de plomb, de cuivre, de zinc et de cadmium dont l'origine a été vite identifiée: ces polluants proviennent d'anciennes mines laissées à l'abandon depuis plusieurs années. Ils se montrent  plus toxiques en période pluvieuse. "Cependant en aval de la rivière, la source de la pollution polymétallique où l'on retrouve les mêmes avec en plus du mercure demeure plus difficile à déterminer en raison des nombreux complexes industriels qui bordent cette partie du cours d'eau", poursuit Jean-Pierre Rebillard. Une pollution perceptible dès Lourdes.

Des programmes d'actions vont être mis en place, qui permettront de réunir autour d'une même table tous les acteurs concernés. Ils devraient commencer en 2006 et s'attacheront à trouver l'origine de la pollution. "Aucun site industriel ne sera oublié, même ceux qui ne paient pas la redevance, c'est-à-dire ceux qui ont des rejets peu importants", affirme le responsable de service de l'agence. Ces programmes vont aussi consister à mettre en oeuvre des dispositifs pour neutraliser les polluants. Toutefois, l'agence pense proposer et aider financièrement les industriels à construire des stations d'épuration plus performantes. Un problème demeure: les mines en amont du cours d'eau qui semblent être à responsable défaillant. Aucun exploitant n'est en effet clairement identifié pour payer des travaux de dépollution. Elles devraient donc être le problème de l'Etat.

Une étude de l'Institut national de veille sanitaire (INVS), publiée le 25 février, s'est attachée aux risques sanitaires encourus par les consommateurs des produits de la pêche des cours d'eau pollués. Elle fait souvent référence au Gave de Pau. Mais les actions menées pour la restauration de l'écosystème ne devraient pas avoir de résultats tangibles avant plusieurs années.




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