Le G20 se prononcera-t-il sur les financements innovants?

Le 31 octobre 2011 par Stéphanie Senet
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Quelques jours avant le G20, qui se tient à Cannes les 3 et 4 novembre, le WWF appelle les dirigeants à s’engager sur les financements innovants et sur de nouveaux indicateurs de durabilité.

«La crise actuelle n’est pas seulement financière. Elle est aussi sociale et environnementale. Des gens perdent leur travail, leur accès à l’eau ou à l’énergie» recadre Elise Buckle, chargée de la campagne G20 au WWF International. Lors d’une conférence de presse organisée aujourd’hui 31 octobre, le WWF a donc formulé plusieurs recommandations à l’attention des membres du G20 «pour trouver de nouveaux moyens de financer les engagements à long terme en faveur du climat et du développement».

 
Quels sont ces financements? Le WWF propose 4 solutions: les taxes sur les transactions financières, la mise aux enchères des quotas d’émission, les taxes sur les carburants des secteurs du transport maritime et aérien, en enfin la réforme des subventions aux énergies fossiles.
 
Pour les seuls secteurs maritime et aérien, la mise aux enchères des quotas d’émission, ajoutée à la taxation des carburants de soute pourrait rapporter une manne financière non négligeable: jusqu’à 18 milliards de dollars par an (12,8 milliards d’euros) pour le secteur maritime et environ 6 Md$ (4,3 Md€) pour le secteur aérien selon Advisory Group on Finance (AGF) (1). Ces mesures sont actuellement discutées au sein des deux organisations internationales concernées: l’International Maritime Organization (IMO) et l’International Civil Aviation Organization (Icao).
 
Pour parvenir aux 100 Md$ envisagés lors du sommet de Copenhague, la taxe sur les transactions financières présente, selon le WWF, «un potentiel considérable». Avec un niveau de taxation suffisamment bas, c’est-à-dire 0,05% au maximum, la mesure n’aurait pas d’effet sur les investissements économiques de long terme mais seulement sur les investissements spéculatifs de court terme. Résultat: cela pourrait rapporter par an entre 410 et 1.060 Md$ (entre 293 et 757 Md€) d’après l’Institut autrichien de recherche économique cité par le WWF.
 
C’est la conférence de Durban, du 28 novembre au 9 décembre, qui semble l’espace le plus approprié pour discuter de ces financements innovants en faveur du climat et du développement. Pour éviter les distorsions de concurrence ou les fuites de capitaux, l’association recommande la mise en place d’un mécanisme global.
 
Selon Elise Buckle, l’adoption d’indicateurs de performance environnementale s’impose aussi à côté des indicateurs classiques (comme le PIB) ne prenant pas en compte l’exploitation des ressources naturelles. «Si ces stratégies ont pu faire gonfler la croissance du PIB à court terme, elles ne permettent pas de produire des richesses sur le long terme car elles engendrent des coûts importants liés à la dégradation environnementale et aux risques de raréfaction des ressources», affirme le WWF.
 
Enfin, l’association environnementale appelle les Etats du G20 à inclure dans la déclaration une définition complète et transparente des subventions aux énergies fossiles, à œuvrer pour la réforme de ces subventions en lien avec le développement des énergies renouvelables et à garantir l’accès à l’énergie pour tous. 1,4 milliard de personnes dans le monde n’ont en effet pas accès à l’électricité, selon la dernière édition du World Energy Outlook (WEO).
 
(1) Evaluation à condition que le prix du carbone s’élève au minimum à 25 $ la tonne (17,8 €). Dans une hypothèse plus conservatrice, le financement totaliserait par an de 4 à 9 Md$ (2,8 à 6,4 Md€) pour le secteur maritime et de 2 à 3 Md$ (1,4 à 2,1 Md€) pour le secteur aérien.


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