Le futur Onema suscite des craintes

Le 19 décembre 2006 par Agnes Ginestet
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L’article 41 du projet de loi sur l’eau et les milieux aquatique prévoit la transformation du Conseil supérieur de la pêche (CSP) en Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema). Certains membres du personnel soulignent un manque de clarté dans l’organisation du futur établissement.

25 octobre 2006. Sifflets et slogans fusent au 20 avenue de Ségur. Rassemblés devant le ministère chargé de l’environnement, des manifestants expriment leur mécontentement et leurs inquiétudes. Les syndicats CGT-CSP et Snape-CSP ont appelé à une grève du personnel du CSP: «Le CSP se meurt!», «Mobilisons-nous contre les incertitudes qui pèsent sur notre avenir!», peut-on lire sur leur tract.

L’Onema sera un établissement public de l’Etat à caractère administratif placé sous la tutelle du ministère en charge de l’environnement. Selon André Flajolet, député UMP et rapporteur du projet de loi sur l’eau, «il constituera une direction opérationnelle de l’eau pour le ministère, permettant de mutualiser des savoirs et d’évaluer le suivi de la directive cadre européenne sur l’eau (DCE)».

Il est prévu que l’Onema fonctionne avec un budget de 108 millions d’euros par an provenant à 100% des agences de l’eau, alors que le CSP est principalement financé à travers le versement de la taxe piscicole par les pêcheurs en eau douce. «Nous aurons certes une relative sécurité au niveau des financements, mais nous ne savons pas trop où nous allons», estime Christophe Julien, de la CGT-CSP. La question de l’indépendance de l’Onema, notamment vis-à-vis des Directions régionales de l’environnement (Diren), inquiète par exemple certains salariés.

L’établissement devrait être constitué de 911 salariés alors que le CSP en compte environ 800. Pour Nicole Blanc, directrice du CSP depuis 2003, plus de personnel veut dire plus de temps pour accomplir les objectifs de la DCE. Sachant qu’aux activités de recherche et de surveillance de l’Onema s’ajouteront d’autres missions comme la gestion d’un système d’information sur l’eau. La partie du CSP dédiée à la pêche sera, elle, regroupée au sein d’une Fédération nationale pour la pêche et la protection du milieu aquatique.

Ces dernières années, le produit de la taxe piscicole a fortement décru, le CSP s’est donc retrouvé dans une situation financière instable. «Certains services régionaux sont moribonds car leur budget de fonctionnement a diminué», explique Christophe Julien. Depuis 2003, le budget global du CSP est en effet passé de 60 à 50 millions d’euros. «L’Onema est notre bouée de sauvetage», confie de son côté Nicole Blanc.

Après avoir reçu une délégation inter-syndicale le 25 octobre, la ministre chargée de l’environnement Nelly Olin a assuré dans une lettre datée du 30 octobre qu’il n’y aurait pas de suppression d’emplois et elle a annoncé une hiérarchisation à trois niveaux au sein de l’Onema (départemental, inter-régional, national), avec en prévision la présence de 11 délégations inter-régionales (9 sont actuellement en place). «Des précisions ont été apportées, mais elles demandent des traductions dans les faits, car les missions, l’organisation et la répartition des moyens financiers ne sont pas encore claires», considère toutefois Christophe Julien.

Le ministère chargé de l’environnement a indiqué qu’il espérait une publication du décret de création de l’Onema avant fin mars, la première phase étant d’abord l’approbation du projet de loi sur l’eau, à la fin de la semaine. D’ici là, la ministre doit de nouveau s’entretenir avec les syndicats du CSP.


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