Le fracking, c’est pas bon pour les poissons

Le 30 août 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Chrosomus cumberlandensis n'aime pas les fluides de fracturation hydraulique.
Chrosomus cumberlandensis n'aime pas les fluides de fracturation hydraulique.
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Une étude réalisée par deux agences fédérales établit un lien entre le déversement dans une rivière des Appalaches de fluides de fracturation hydraulique et la destruction d’une population de cyprinidés.

Les agences américaines ne sont pas forcément les meilleures amies de la politique énergétique fédérale, largement basée sur l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. Ces derniers temps, l’agence de protection de l’environnement (EPA) a établi que les ressources en gaz de schiste étaient probablement inférieures aux premières estimations et que leur exploitation était à l’origine de contamination de l’eau. De son côté, le service géologique américain (USGS) a démontré la relation entre la fracturation hydraulique et la survenue de séisme. Et maintenant, voilà que l’USGS, à nouveau, assure que ce fameux fracking peut considérablement nuire à la faune sauvage.

Lien de causalité

Dans une étude publiée dans la revue Southeastern Naturalist, des chercheurs de l’USGS et du service fédéral de la faune et de la flore (USFWS) établissent un lien de causalité entre une opération de fracturation hydraulique et la mortalité de poissons d’eau douce. Tout commence en 2007, dans le Kentucky. Des pêcheurs œuvrant sur l’Acorn Fork, petite rivière des Appalaches, constatent une importante mortalité d’un petit poisson local et protégé, suite à la fuite de liquides de fracturation provenant de puits situés à proximité du cours d’eau.

Eau acide et polluée

L’USFWS et l’USGS sont alertés. Les cyprinidés (Chrosomus cumberlandensis) sont autopsiés et des échantillons de l’eau de la rivière analysés. Les biologistes constatent d’importantes nécroses au niveau des ouïes, symptômes, selon eux, d’une forte exposition à une eau acide et chargée de métaux lourds. La fuite de fluides avait, précisément, fait passer le pH de l’eau de la rivière de 7,5 à 5,6. Les mesures de la conductivité électrique de l’eau ont montré une forte pollution métallique de la rivière.

Certains échantillons affichant une conductivité pouvant atteindre les 35.000 microsiemens par centimètre: 35 fois plus forte que celle de l’eau potable. Des analyses complémentaires montreront de fortes concentrations, notamment de fer et d’aluminium. Pour les scientifiques, le doute n’est plus permis, c’est bien le déversement de fluides utilisés pour la fracturation d’un puits de gaz de schiste qui est à l’origine de la destruction des cyprinidés et de la dégradation de la qualité de l’Acorn Fork.



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