Le Forum déclare un droit universel à l'accès à l'eau

Le 14 mars 2012 par Geneviève De Lacour
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"La sonnette d'alarme est tirée."
"La sonnette d'alarme est tirée."

Dans leur déclaration ministérielle de Marseille, adoptée à l'unanimité mardi 13 mars, 130 pays se sont engagés à accélérer la mise en œuvre du droit universel de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement. Reconnu officiellement par l'Onu en juillet 2010, ce droit était encore contesté par plusieurs délégations lors du précédent Forum à Istanbul, en 2009.

«Avant on considérait que l'accès à l'eau était un enjeu pour d'autres, aujourd'hui tous déclarent qu'il y a urgence à agir, la sonnette d'alarme est tirée», a souligné devant la presse Henri de Raincourt, ministre français de la coopération. C’est lui qui a présidé la journée ministérielle, avec 84 ministres ayant fait le déplacement.

«Le texte de cinq pages est le fruit d'un consensus après trois années de négociations qui prend en compte de nouvelles réalités: l'eau n'est plus une problématique séparée», a-t-il précisé. Le ministre a rappelé les liens étroits entre la consommation d'eau et la production d'énergie, l'utilisation de l'eau pour l'agriculture et fournir de la nourriture pour les 9,1 milliards d'habitants attendus sur la planète en 2050, autant d'eau en moins pour la consommation des personnes.

Cependant, des voix discordantes se sont fait entendre peu après l'annonce de l'adoption à l'unanimité de la déclaration. Le ministre bolivien de l'eau et de l'environnement, Felipe Quispe Quenta a contesté la déclaration  devant des journalistes : «On a exprimé notre désaccord lors de la rédaction de la déclaration et nous n'avons pas été entendus, la Bolivie n'accompagne pas cette déclaration ministérielle ». Selon lui, d'autres ont également exprimé leur désaccord dont son collègue de l'Equateur.

Selon le ministre bolivien, il aurait fallu dire clairement que l'eau est une ressource non privatisable. Son pays a été la scène de nombreuses manifestations pour défendre l'eau comme un bien public récemment. «On n'écoute pas les peuples, les organisateurs ne nous ont pas écoutés», a-t-il martelé.

Des membres de Food and Water Watch, une ONG américaine, ont réussi à pénétrer dans la session ministérielle mardi 13 mars et ont constaté que l'on avait délibérément réduit le temps de parole du ministre bolivien lors de son intervention.

De même l'ONG Council of Canadians affirme que la délégation ministérielle canadienne a obtenu de modifier la formulation concernant le droit à l'accès à l'eau potable, alors que les populations autochtones de ce grand pays industrialisé vivent dans des conditions pires que celles des plus pauvres.

Côté africain, le secrétaire exécutif du conseil ministériel africain pour l'Eau, le Gambien Bai-Maas Taan, a rappelé qu'il ne peut y avoir de développement sans eau. «Nous allons maintenant rencontrer toutes les communautés une à une pour nous assurer que le droit à l'accès à l'eau pour tous soit mis en œuvre», a-t-il indiqué.

Une pétition de plus de 103.000 signatures, récoltées par l'ONG Solidarités Internationales réclamant la mise en œuvre rapide de ce droit humain pour tous a été remise au ministre français de la coopération. «L'eau est au cœur de toutes les politiques», a assuré Henri de Raincourt.



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