Le forestier Danzer mis en cause par Greenpeace

Le 07 novembre 2011 par Stéphanie Senet
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Greenpeace publie, aujourd’hui 7 novembre, un rapport sur l’exploitation violente des forêts congolaises, en pointant la responsabilité du groupe allemand Danzer, producteur de bois de placage décoratif et premier exploitant à obtenir, dans le pays, la certification «Gestion forestière–Bois contrôlé» du Forest Stewardship Council (FSC).

Pour la première fois, une communauté forestière a déposé une plainte contre le groupe Danzer au nom des violences qu’elle a subies le 2 mai dernier. L’enquête menée par Greenpeace, en collaboration avec l’ONG congolaise Réseau Ressources naturelles (RRN), a montré que ce jour-là, la descente d’une soixantaine de militaires et de policiers a provoqué, au sein de la communauté Yalisika, la mort d’une personne, le viol de plusieurs femmes, le vol de biens, le passage à tabac de nombreuses personnes, l’incendie d’une maison et l’arrestation de 16 villageois.

 
Un employé de Danzer accompagnait ces forces de l’ordre. Selon Greenpeace, il a détruit les biens enlevés à la communauté à l’aide d’un camion-benne du groupe. Il a également conduit les responsables de ces crimes et convoyé les personnes arrêtées jusqu’à la prison. En route, il s’est arrêté pour payer les militaires et les policiers accompagnant les prisonniers.
 
L’exploitation de Danzer, dans la région de Bosanga, à l’extrême sud du pays, a démarré en 1993. La société a signé un «cahier des charges» avec les représentants des communautés en janvier 2005, comme la loi l’y oblige. A ce titre, les membres de la communauté devaient bénéficier d’une école et d’un poste de santé. Des structures qui n’ont toujours pas vu le jour. C’est pourquoi, à trois reprises, en janvier, en mars et en avril 2011, plusieurs communautés ont manifesté leur mécontentement en bloquant les activités de l’exploitation. L’opération menée le 2 mai, avec un employé de Danzer, apparaît donc comme une action de représailles.
 
La plainte a été déposée début juin par l’avocat de la communauté de Yalisika, contre la société Siforco, la filiale de Danzer au Congo.
Au cours de l’été, des événements similaires se sont produits: manifestations de villageois en juillet et arrestations en août, à nouveau avec des véhicules appartenant à Danzer.
 
Depuis début octobre, le groupe semble avoir changé de stratégie. Greenpeace signale une attitude plus conciliante et la volonté de trouver une solution à l’amiable. Mais la communauté de Yalisika maintient son action en justice.
 
De son côté, Greenpeace demande la création d’une organisation indépendante assurant le bon suivi du procès. Elle appelle aussi le FSC à se dissocier immédiatement du groupe allemand et à révoquer l’ensemble de ses certificats. Elle réclame enfin que le gouvernement de RDC pérennise son moratoire de 2002 sur l’attribution de toute nouvelle concession forestière.
 
Ce n’est pas la première fois que l’association dénonce les actions de Danzer. Un rapport publié en juin 2004, révélait déjà que «le groupe Danzer est impliqué dans la corruption et l’exploitation illégale» (1).
 
Le rapport du 7 novembre pointe enfin d’autres responsabilités: les bailleurs de fonds (la réforme du secteur forestier en 2002 sous l’égide de la Banque mondiale n’a donné aucun résultat), l’Allemagne (dont les programmes de conservation en RDC n’empêchent pas le pillage des ressources), la France (L’Agence française de développement ou AFD prévoit d’octroyer à Danzer, en RDC, un prêt de plusieurs millions d’euros à taux réduit), et les Pays-Bas (son programme Bois tropicaux encourage la productivité maximale de l’exploitation forestière en RDC).
 
(1)   http://www.greenpeace.org/raw/content/france/presse/dossiers-documents/le-groupe-danzer-est-implique 
 
Pour lire le rapport de Greenpeace


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