Le FN, nouvel adversaire des écologistes

Le 29 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour Emmanuelle Cosse,  la solution aux grands problèmes environnementaux est politique.
Pour Emmanuelle Cosse, la solution aux grands problèmes environnementaux est politique.
EELV

Invitée, ce jeudi 29 octobre, de l’Association des journalistes de l’environnement et du climat (Ajec21), Emmanuelle Cosse souligne la difficulté à faire entendre des réponses complexes aux problèmes environnementaux, locaux ou globaux. La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-les Verts (EELV) organise aussi sa formation pour contrer l’OPA lancée par le Front national sur les thématiques environnementales.

Guerre en Syrie, polémiques sur la couleur de la supposée race française, air Cocaïne. Sans oublier la COP 21. Pas facile d’intéresser journalistes et électeurs aux enjeux locaux, un peu plus d’un mois avant le premier tour des élections régionales. «On sent une certaine lassitude chez les gens, soupire Emmanuelle Cosse. C’est la 5e fois qu’ils votent depuis les présidentielles.» Lassitude? Pas seulement.

La croyance du bonheur

La tête de liste écologiste en Ile-de-France vitupère contre la difficulté à mobiliser, citoyens et politiques, sur de grands sujets de société. «Beaucoup de nos partenaires politiques sont issus de formations baignées par la croyance du bonheur par la production industrielle. Pas simple, dans de telles conditions, de les entraîner dans une action contre les pesticides, les perturbateurs endocriniens ou la qualité de l’air.»

Solution politique

Or l’ancienne journaliste en est convaincue, la solution aux grands problèmes environnementaux est avant tout politique. «L’avenir de la planète ne passe pas seulement par une succession de petits gestes individuels. C’est avant tout une question de politique publique. Et cela ne se fera que si les politiques abandonnent les croyances dans lesquelles nous avons tous été élevés.»

Relever l’étendard

Porteurs de cette aspiration au changement, les écologistes peinent pourtant à relever l’étendard de la révolution culturelle. «Sans doute parce que sur certains sujets, comme celui du modèle économique à adopter, nous ne sommes pas d’accord entre nous. Moi qui suis optimiste de nature, j’ai du mal à adhérer à la vision très pessimiste d’Yves Cochet.» Les médias n’aideront pas, eux non plus. «Quand je pense à la bataille qu'il a fallu mener pour que France Télévision organise un seul débat lors des élections européennes», râle-t-elle.

Le FN sur les terres vertes

Autre gros écueil pour les écologistes: le Front national (FN). Comme toutes les autres formations politiques, EELV ne peut que constater le dynamisme et l’attractivité du parti d’extrême droite. «Ne nous voilons pas la face, c’est la seule formation qui a gagné des adhérents, ces dernières années. Et de plus en plus de gens vivant dans des communes administrées par le FN en sont très satisfaits», reconnaît la patronne d’EELV. Le problème qui se pose spécifiquement aux formations écologistes est que, désormais, le parti de Marine Le Pen chasse aussi sur les terres vertes.

Un courant écologiste

Il y a quelques mois, le FN a créé le collectif Nouvelle écologie[1]. Ses mots d’ordre: production propre, durable et locale, restriction au libre échange, renforcement de la sécurité sanitaire et alimentaire, amélioration des conditions de vie (et de mise à mort!) des animaux d’élevage, protection des abeilles, opposition au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au gaz de schiste et au projet de traité commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Un courant dans lequel bien des écolos pourraient frayer. «Sur le terrain, on voit de plus en plus de militants du Front national participer à des luttes contre de grands projets inutiles, des destructions de terres agricoles », s’inquiète Emmanuelle Cosse.

Enrayer la dynamique verte du FN

Pour enrayer la dynamique verte du Front, EELV forme cadres et élus, à coup de séminaires et d’argumentaires. Le parti forgé par Daniel Cohn Bendit tente de prendre de vitesse le parti à la flamme tricolore. «Comme eux, je rencontre beaucoup de responsables de PME, du bâtiment, notamment. Mais ce que veulent ces entrepreneurs, c’est surtout la mise en œuvre d’un plan de filière sur 40 ans avec une fiscalité stable. Ce qui permettra de fixer un cadre propice au lancement effectif d’un programme national de rénovation énergétique des logements. C’est précisément ce pour quoi nous nous battons, aussi bien au niveau national que régional.»

Un programme dont le financement est loin d’être assuré. «Les régions auront besoin de s’adosser à une grande banque publique», préconise Emmanuelle Cosse. En embuscade, le conseiller aux questions économiques de Marine Le Pen, Philippe Murer, propose, lui, de sortir de l’euro et d’obliger la banque de France à prêter à taux zéro aux rénovateurs des logements. Pas difficile, cette fois, de distinguer le vert du vert de gris.



[1] Dirigé par l’économiste Philippe Murer, ex-socialiste, ex-souverainiste et proche de l’économiste Jacques Sapir.

 



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