Le Farwind ne souffle plus pour Vergnet

Le 02 mars 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le cours de l'action a chuté de 60% en un an.
Le cours de l'action a chuté de 60% en un an.

C’était en 2007. Les journalistes financiers, les analystes, tout le monde était sous le charme d’un nouveau concept éolien: le Farwind. Dans l’esprit de son créateur, Marc Vergnet, entrent dans cette catégorie tous les pays et îles isolés ou mal desservis par la route mais où soufflent des vents réguliers. Des endroits où la sécurité de l’approvisionnement électrique peut passer par des éoliennes (rabattables en zones cycloniques) plutôt que par des générateurs au gazole.

L’idée du constructeur français d’éolienne séduit et le 12 juin 2007, le groupe Vergnet entre triomphalement en bourse. La cession d’une partie de son capital permet à l’entreprise familiale de financer la mise au point de son éolienne rabattable haute puissance (1 mégawatt), dont le prototype sera testé en pleine Beauce.

Dans la foulée, sont signés les premiers gros contrats à l’international: Ethiopie (120 machines), Mauritanie (16 turbines), Nigeria (37 aérogénérateurs). Ce qui fait tripler le chiffre d’affaires du groupe créé par Marc Vergnet. Hélas, le vent du Farwind retombe assez vite. Et, en 2011, l’ancien ingénieur de l’Ademe cherche des partenaires financiers.

Lancée au printemps dernier, l’augmentation de capital fait rentrer 18 millions d’euros dans les caisses, mais dilue la participation des actionnaires historiques. Désormais, la famille Vergnet dispose de 16,9% des actions, contre 21% pour le Fonds stratégique d’investissement, 8,1% la société Nass & Wind et 7,7% pour le fonds d’investissement FCPR Demeter Capital.

Cet apport d’argent frais ne sera pas suffisant pour relancer les turbines. La crise financière frappe partout, y compris dans les îles et les pays du Farwind. Principal client du groupe, l’Ethiopie peine à lancer les phases 2 et 3 du contrat Ashegoda (120 MW au total), dont Vergnet est adjudicataire. Aucune commande de turbine grande puissance ne sera finalement enregistrée en 2011.

Comme nombre de ses concurrents, Vergnet attend beaucoup d’un appel d’offres lancé par le gouvernement pour équiper les départements et communautés d’Outre-mer: le cœur de cible de Vergnet.

Rendus publics le 20 février dernier (avec un an de retard!), les résultats sont un camouflet pour le turbinier tricolore. Le groupe n’est retenu que pour la fourniture de 19,4 MW (17 machines de 1 MW et 9 de 0,275 MW). Il espérait rafler 45 MW. C’est la douche froide. D’autant que les projets ne sont pas près d’être inaugurés.

Dans leur grande sagesse, les parlementaires ont, en effet, réussi à rendre incompatibles les lois Littoral et Grenelle II. La première imposant une distance minimum de 500 mètres entre les installations et les habitations, la seconde imposant au contraire une continuité urbanistique. En attendant une mise au point juridique, les entreprises souffrent.

Après avoir investi 20 M€ dans la mise au point de sa grande éolienne anticyclonique, Vergnet peine à conquérir ses marchés de niche. «Vergnet n’a pas vendu ces machines dans les DOM depuis 4 ans et n’escompte plus en vendre en 2012, compte tenu de cette incompatibilité réglementaire qui n’avait pas été anticipée», souligne un communiqué financier.

Le 1er mars, l’entreprise présente ses premiers résultats pour 2011: ils sont désastreux. Le chiffre d’affaires passe de 82,4 M€ en 2010, à 67,7 M€ l’année suivante. Les pertes, sur 2011, devraient dépasser les 10 M€. Comme il fallait s’y attendre, la bourse n’a pas été en reste. Ces dernières heures, le cours de l’action Vergnet a chuté de plus de 4%. Depuis un an, le décrochage est encore plus impressionnant: -60%.

Après Photowatt, Vergnet?

 

 



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