Le facteur carbone des électriciens européens au plus bas

Le 21 janvier 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les électriciens européens poursuivent leur décarbonation.
Les électriciens européens poursuivent leur décarbonation.
Rakusen/UK COAL

Baisse de la production et poursuite de la décarbonation de leur bouquet énergétique, expliquent cette évolution, estime le consultant PWC.

 

La production d’électricité en Europe n’a jamais émis aussi peu de CO2 par mégawattheure (MWh). C’est la première conclusion que l’on peut tirer de l’estimation annuelle du facteur carbone des principaux électriciens européens, dont le consultant PWC publie la mise à jour, ce lundi 21 janvier.

En 2017, les 23 compagnies auditées[1] ont émis 556 millions de tonnes (Mt) de CO2, pour une production légèrement inférieure à 2.000 térawattheures (TWh) par an. Leur facteur carbone collectif est donc de 290 kilogrammes de CO2/MWh produit, soit 1 kg de moins que comptabilisé l’année précédente. C’est le niveau le plus bas jamais observé depuis le lancement de l’étude en 2001, notent ses auteurs.

baisse de la production

Comme souvent, plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Entre 2016 et 2017, les électriciens ont réduit de 3,7% leur production d’électricité, «dans la continuité des 6 dernières années». Les programmes d’amélioration de l’efficacité énergétique, l’accroissement de la pression de la concurrence et quelques hivers doux font sentir leurs effets.

Ce n’est pas tout. Lentement mais sûrement, la filière poursuit sa décarbonation. En 2017, la production des centrales au charbon a baissé de 8% par rapport à 2016. Et même si la part des centrales au gaz a progressé et que la production des énergies renouvelables a chuté de 43 TWh pour cause de sécheresse, le bilan reste positif. En un an, les émissions carbonées des 23 électriciens ont diminué de 3,8%.

champions scandinaves

Ces baisses sont essentiellement imputables à trois entreprises: RWE (682 kg CO2/MWh), Uniper (476 kg) et Engie (286 kg). Dans l’étude publiée l’an passé, 11 électriciens avaient réduit leurs émissions. A contrario, les forts épisodes de sécheresse ont réduit, en 2017, le productible hydraulique d’EDP (Portugal) et de DEI (Grèce) qui voient s’envoler leurs rejets carbone: respectivement de 29% et de 11%.

Malgré une hausse de 8%, le facteur carbone d’EDF reste l’un des plus bas d’Europe: 78 kg CO2/MWh. Il reste encore supérieur à ceux de ses concurrents scandinaves qui peuvent compter sur leur parc hydroélectrique: Statkraft (13 kg CO2/MWh), Fortum (28 kg), PVO (70 kg). A noter la forte évolution d’E.ON. L’électricien allemand, qui s’est débarrassé de ses actifs thermiques (désormais réunis dans Uniper) affiche désormais un facteur carbone de 52 kg CO2/MWh. En 2015, avec la cession de ses centrales au charbon, le groupe d’Essen émettait plus de 40 Mt CO2/an et affichait un ratio de 350 kg CO2/MWh.

 

EDF pèse lourd dans le faible facteur carbone moyen européen. Sans l’électricien français, le facteur carbone européen calculé par PWC serait plus élevé de 33%, passant à 387 kg CO2/MWh. A lui seul, EDF pèse 31% du panel (avec un volume produit trois fois supérieur au numéro deux européen RWE) et sa production est décarbonée à 82% en moyenne.

 



[1] à l’origine de la moitié des émissions du secteur électricité-chaleur de l’Union européenne.

 



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