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Le drone atomique est (presque) paré à décoller

Le 03 avril 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
Politiquement, l'affaire n'est pas gagnée.
Politiquement, l'affaire n'est pas gagnée.

Un laboratoire US de recherche sur les armements a planché sur un concept d’avion guidé, propulsé par un réacteur nucléaire. Résultat: c’est techniquement faisable, mais politiquement indéfendable.

C’est un document étrange qui a récemment été mis en ligne sur le site de la fédération des scientifiques américains (FAS). Sur trois pages, des scientifiques des laboratoires Sandia font un rapide compte rendu d’une recherche un peu étonnante.

Dépendant du secrétariat américain à l’énergie, ces laboratoires sont un drôle d’endroit. Après avoir été l’une des pierres angulaires du programme Manhattan (qui a conçu les premières bombes atomiques américaines), ces laboratoires, gérés par une filiale du groupe d’armement Lockheed Martin, sont devenus l’un des principaux sites de recherche sur les armes nucléaires, la simulation et la lutte contre la prolifération.

Au printemps dernier, Sandia fait le point pour Northrop Grumman -autre géant US de l’armement- sur ses recherches concernant un véhicule aérien automatisé à haute performance. En bon français, les scientifiques basés à Albuquerque (Nouveau-Mexique) ont phosphoré sur le drone du futur. Et l’entreprise n’a rien d’évidente. Car, outre améliorer l’avionique, les transmissions, l’aérodynamisme, il faut à l’évidence revoir les modes de propulsion. Ce n’est plus un secret, l’armée américaine s’est déjà projetée dans l’après-pétrole. Aussi, les matériels qui seront mis en œuvre dans les décennies qui viennent devront-ils être le plus sobre possible en hydrocarbures. Voire n’en plus consommer.

Le cahier des charges de Northrop Grumman était relativement clair. Il fallait esquisser un engin à long rayon d’action, capable de tenir l’air un très long moment et de transmettre de grandes quantités d’informations. Bref, d’imaginer les lointains successeurs du Global Hawk ou du Reaper, actuellement très sollicités en Afghanistan ou au Pakistan.

Les chercheurs de Sandia ont étudié sous tous les angles et testé pas moins de 8 solutions de motorisation. Curieusement, ils n’indiquent pas explicitement celle qui recueille leur suffrage. Mais une lecture entre les lignes de leur compte rendu permet de s’en faire une idée, que l’on peut esquisser sous forme de charade.

Il s’agit, tout d’abord, «d’une technologie et d’un système qui n’ont jamais été mis en œuvre sur un drone». Cette technologie permettrait à l’appareil «de ne plus avoir à refaire le plein aussi souvent» qu’aujourd’hui. Ce qui réduit d’autant les coûts d’exploitation de la machine. Petit coup de pouce: les auteurs ont aussi étudié les questions «de sûreté» et «de démantèlement». Et bien oui. Les scientifiques de Sandia ont bien esquissé les caractéristiques d’un drone propulsé par un moteur nucléaire.

A dire vrai, l’idée n’est pas tout à fait nouvelle. De 1946 à 1961, les ingénieurs américains travaillèrent sur le concept d’avion nucléaire. Tous les constructeurs d’avion et les physiciens nucléaires de l’époque furent mis à contribution. Convair alla même jusqu’à modifier un bombardier B36 pour l’équiper d’un réacteur de 3 mégawatts. Hélas pour les docteurs Follamour, le programme fut finalement abandonné par le président Kennedy. Non pour des questions environnementales, mais par manque de résultats concrets. Après avoir investi un milliard de dollars (7,57 milliards de dollars actuels), les Etats-Unis n’étaient pas parvenus à faire voler un avion atomique.

Un demi-siècle plus tard, les scientifiques de Sandia estiment que le concept est plus que jamais viable. Mais ils concèdent, par ailleurs, que «les politiques ne permettront pas l’utilisation des résultats des recherches» menées pour Northrop Grumman.

Ce qui vaut, peut-être, mieux. Comme le rappelle un récent rapport pour le Congrès américain, les drones ont une fâcheuse tendance à s’écraser. Ces dernières années, leurs pilotes ont perdu le contrôle (pour toutes sortes de raisons techniques) de 79 d’entre eux. Ils n’étaient, heureusement, propulsés que par du kérosène.

 

 



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