Le drôle de réacteur de DCNS

Le 21 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

 

L’ancienne Direction des constructions navales aime faire parler d’elle, notamment sur les questions énergétiques. Après avoir annoncé à moult reprises son intention de s’engager dans l’exploitation de l’éolien offshore ou de l’énergie thermique des mers, le constructeur de navires de guerre change de registre.

 

Mercredi 19 janvier, le groupe de construction navale a annoncé vouloir construire, en partenariat avec Areva, une mini-centrale nucléaire d’un type résolument nouveau. Contrairement aux installations nucléaires classiques, Flexblue serait exploitée… depuis le fond de la mer. L’idée étant que sous plusieurs dizaines de mètres d’eau, le réacteur serait à l’abri d’attaques terroristes. Et qu’en cas de fusion du cœur, l’eau protégerait l’homme et l’environnement terrestre des radiations.

 

Extérieurement, l’engin se présenterait sous la forme d’une coque d’une centaine de mètres de long et d’une douzaine de mètres de diamètre. Il comprendrait un réacteur nucléaire de 50 à 250 MWe, un turbo-alternateur, une usine électrique et des systèmes auxiliaires. Les électrons produits seraient acheminés à la côte par des câbles sous-marins à haute tension.

 

Dans une présentation faite à des journalistes, Patrick Boissier, PDG de DCNS, n’a pas caché son espoir de pouvoir installer le prototype de Flexblue au large des côtes françaises avant 2017.

 

Un espoir sans doute un peu optimiste. Agacé par la communication de DCNS, Areva ne cache pas que les études ne font que démarrer. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui indique n’avoir pas consulté la moindre étude, contrairement aux dires de Patrick Boissier, se montre dubitative. « Nous ne sommes saisis d’aucun dossier. De plus, ce projet complexe semble poser des questions techniques et juridiques inédites », commente un porte-parole de l’ASN. Bref, la certification n’est pas pour demain.

 

Côté anti-nucléaire, c’est carrément la consternation. « On est en plein délire. En cas d'accident, il n'y a pas pire que l'eau, où la pollution radioactive comme chimique se disperse » plus vite que dans l'air, a déclaré Didier Anger, antinucléaire normand historique, à l' AFP.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus