Le dioxyde de soufre autorisé contre le frelon asiatique

Le 09 septembre 2013 par Marine Jobert
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Un frelon asiastique.
Un frelon asiastique.

Après l’avis scientifique de l’Anses sur ce gaz incapacitant et anesthésiant, le gouvernement vient d’autoriser, pour une durée de 4 mois, l’usage du dioxyde de soufre pour lutter contre le frelon asiatique.

C’est une autorisation –provisoire- qui soulage les apiculteurs, dont les abeilles paient un lourd tribut à cet insecte invasif. Depuis le 8 septembre, l’utilisation du dioxyde de soufre est autorisée «en tant que substance active à des fins de lutte exclusive contre Vespa velutina», comme le précise un arrêté paru au Journal officiel. L’administration, -qui avait interdit ce produit en mai dernier par une circulaire- motive sa décision par «les dommages causés (…) sur les activités apicoles» et «la nécessité pour les apiculteurs de protéger leurs ruchers des dommages causés» par le frelon asiatique, et par «les faibles impacts sur l'environnement liés à l'utilisation du dioxyde de soufre pour lutter contre Vespa velutina». L’usage est encadré pour les traitements en extérieur, pour des nids situés à une hauteur supérieure ou égale à deux mètres.

Autorisation temporaire

Cette autorisation de mise sur le marché est valable 120 jours, au terme desquels «les utilisateurs et les distributeurs du dioxyde de soufre transmettront au ministre en charge de l'environnement un rapport précisant notamment les quantités utilisées et les lieux d'utilisation». Ensuite, l’administration précise que, dans un délai de 10 mois à compter de l’arrêté, les parties intéressées devront, pour se conformer au droit communautaire, déposer un dossier «en vue de l'inscription du dioxyde de soufre comme substance active biocide insecticide (TP18) à l'annexe I de la directive 98/8/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 février 1998 concernant la mise sur le marché des produits biocides».

Espèce invasive

Dans un communiqué, l’Union national de l’apiculture française (Unaf) regrette que cet arrêté «ne soit pas paru plus tôt en saison et craignent que l’obligation de formation conditionnant son utilisation, toute indispensable qu’elle soit, ne retarde la destruction des nids au SO2». Le dioxyde de soufre est un gaz incapacitant et anesthésiant, qui neutralise le frelon le temps nécessaire pour sa destruction, sans aucune rémanence toxique préjudiciable pour l'entomofaune et l'avifaune, avait jugé l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans un avis rendu fin juillet à la demande du gouvernement. L’agence avait estimé que le dioxyde de soufre était «une technique efficace de lutte contre le frelon asiatique». Les apiculteurs, de leur côté, ont recours à cette technique depuis des années, en plaçant une petite bonbonne du produit au bout d'une perche et en injectant le gaz dans le nid. . «Cette reconnaissance permet d’éviter le recours aux insecticides de synthèse qui eux présentent un fort risque de toxicité pour l’environnement du fait de leur longue rémanence», s’est félicité Richard Legrand, apiculteur en Dordogne et spécialiste de la question du frelon à l’Unaf. Le frelon asiatique, introduit dans le Sud-ouest en 2005 dans des poteries importées de Chine, est désormais présent dans une soixantaine de départements.



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