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Le diesel, outil de la transition énergétique pour le Sénat

Le 08 juin 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour Louis Nègre, il faut considérer le diesel comme un outil de la transition énergétique.
Pour Louis Nègre, il faut considérer le diesel comme un outil de la transition énergétique.

Polluant mais pas trop, estime un rapport sénatorial à propos du moteur à gazole.

Louis Nègre connaît bien la question automobile. Il y a 5 ans, le sénateur Les Républicains des Alpes-Maritimes avait planché sur le véhicule électrique. La mobilité, ça le connaît. Assez naturellement, il avait donc pris la présidence du groupe de travail du Sénat sur les impacts sanitaires des émissions des véhicules diesel. Aréopage sénatorial qui a rendu sa copie, ce mercredi 8 juin.

Résumant plusieurs dizaines d’auditions, les sénateurs nous rappellent que les moteurs conçus par Rudolf Diesel émettent des particules fines et des oxydes d’azote (NOx). La généralisation des filtres à particules, sur les modèles récents (respectant les normes Euro V ou VI), règle le problème des particules primaires. Restent les particules secondaires et les NOx.

Pas de confusion

Le durcissement de la réglementation n’a pas eu le même effet pour les NOx que pour les particules, puisque des «écarts considérables entre les plafonds réglementaires d’émissions et leur niveau effectif, mesuré en conditions réelles de conduite, ont été constatés», souligne le rapport sénatorial. «Ils résultent soit de comportements frauduleux, comme ceux identifiés chez Volkswagen, soit de stratégies ‘d’optimisation’ de la part des constructeurs, tirant parti des insuffisances de la réglementation européenne. Ces écarts sont choquants parce qu’ils confirment le manque de transparence dans ce domaine et plaident pour une révision complète du processus d’homologation.»

Et les sénateurs de fustiger le recours à des ‘dispositifs d’invalidation’ et à des procédures d’homologation reposant sur un protocole peu représentatif de la réalité de la route et sur des véhicules spécialement configurés à cet effet.

En attendant le décarboné

Pour autant, la mauvaise humeur des membres de la Haute assemblée se dissipe rapidement. Car ils n’oublient pas que les moteurs diesel émettent de 10 à 20% de moins de CO2 que les moteurs essence: «Ce qui les rend incontournables, dans cette phase de transition, dans la lutte contre le réchauffement climatique, en attendant le développement des motorisations décarbonées (électrique, hydrogène, etc.).»

Ces outils de la transition énergétique ne sortent pas totalement dédouanés des auditions sénatoriales. Louis Nègre et son co-auteur Hervé Maurey (UDI, Eure) proposent «d’encadrer les dispositifs d’invalidation» et de mesurer les émissions de dioxyde d’azote (le plus toxique). Tout de même!

Ensuite, il faudra attendre que la technologie et la norme Euro VI fassent leur œuvre de dépollution. En attendant, les deux sénateurs proposent d’intégrer les véhicules Euro VI au projet de décret listant les véhicules considérés comme ‘basse émission’, en application de l’article 37 de la loi sur la transition énergétique.

Mais le diesel n’est pas tout. Et les sénateurs rappellent que les deux roues émettent d’importants volumes de polluants atmosphériques. Une petite électrification ne leur ferait pas de mal.

Les émissions imputables au moteur au gazole sont responsables de la mort prématurée de 40.000 personnes par an, en France.

 



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