Le diesel, meilleur pour le climat? Une idée fausse

Le 19 septembre 2017 par Romain Loury
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Des taxes en faveur du diesel
Des taxes en faveur du diesel

Contrairement aux idées reçues, les véhicules diesel n’émettent pas moins de dioxyde de carbone que ceux qui fonctionnent à l’essence, révèle l’ONG Transport & Environment dans une étude publiée lundi 18 septembre.

Deux ans après qu’a éclaté le ‘dieselgate’, le constat est lourd, en particulier pour l’Union européenne: celle-ci compte sur ses routes 37 millions de véhicules ne respectant pas les normes auxquels ils sont censés obéir. Et on estime à 5.000 le nombre de décès prématurés annuels liés au surplus d’émissions d’oxydes de nitrate (NOx).

Comment expliquer que l’Europe, concentrant 70% des ventes mondiales, soit autant gourmande de véhicules diesel? Selon Transport & Environment, c’est justement le laxisme des contrôles d’émission qui a permis aux constructeurs de les vendre à plus bas prix que les véhicules à essence. Sans oublier les taxes, beaucoup moins chères sur le diesel, ce qui rend ce carburant de 10% à 40% moins cher que l’essence.

Des émissions de CO2 supérieures

L’un des arguments de l’industrie automobile pour défendre ses véhicules diesel est leurs moindres émissions de CO2, principal gaz à effet de serre. Or pour Transport & Environment, c’est là une idée fausse: parmi les véhicules neufs, ceux à diesel émettent en moyenne 119 grammes de CO2 par kilomètre, contre 123 gCO2/km pour ceux à essence –et 89 gCO2/km pour les véhicules hybrides.

Et cette faible différence, de seulement 4 gCO2/km entre diesel et essence, est largement éliminée en tenant compte du cycle de vie complet des véhicules. En intégrant le raffinage (dont le processus est plus intense pour le diesel), la production du véhicule lui-même et le recours accru aux biocarburants (qui entraîne des changements d’usage des sols), un véhicule diesel émet au total 42,65 tonnes de CO2, contre 39 t/CO2 pour un véhicule essence.

«Une niche technologique du XXe siècle»

«Puisque le diesel n’est pas meilleur que l’essence pour le climat, il n’y a aucune justification à son traitement préférentiel.(…) La vérité du diesel, c’est qu’il a permis à l’industrie de vendre des voitures plus grosses, plus puissantes et plus profitables –au détriment, pour l’Europe, de son économie, de sa sécurité énergétique, du climat et de l’environnement. Il est temps que l’Europe cesse de déverser de l’argent et de l’énergie dans cette niche technologique du XXe siècle. L’avenir est au véhicule électrique: soit l’Europe rejoint ce mouvement, soit elle se noiera dans la pollution du diesel», conclut Transport & Environment.



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