Le diabète, une maladie très POP

Le 15 novembre 2012 par Romain Loury
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PCB, DDT et HCB continuent à hanter la chaîne alimentaire.
PCB, DDT et HCB continuent à hanter la chaîne alimentaire.

Les polluants organiques persistants (POP), dont les polychlorobiphényles (PCB) et l’hexachlorobenzène (HCB), seraient liés au risque de diabète de type 2, selon une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives (EHP). Accusés de favoriser plusieurs maladies, dont le cancer, plusieurs de ces POP, dont les PCB, le DDT et le HCB, continuent à hanter la chaîne alimentaire, malgré leur interdiction.

S’accumulant dans le tissu adipeux, ils seraient à l’origine de troubles métaboliques, selon plusieurs travaux menés chez l’animal. Notamment une résistance à l’insuline, précurseur du diabète. Cette maladie chronique, dont la prévalence française croît chaque année de 6% selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), serait en partie liée aux POP, montre l’étude publiée par Hongyu Wu, de la Harvard School of Public Health de Boston (Massachusetts), et ses collègues.

Une association déjà suggérée par quelques études, réfutée par d’autres, des travaux en général menés sur de faibles effectifs. Cette nouvelle étude a quant à elle porté sur 1.095 femmes de la cohorte NHS (Nurses’ Health Study), dont le taux sanguin de plusieurs POP a été analysé. Résultat: le HCB semble le plus associé au diabète de type 2 (non insulinodépendant), avec un risque multiplié par 3,59 chez les femmes les plus imprégnées.

Des tendances sont également observées avec les PCB, le DDT et son métabolite DDE, sans atteindre la significativité statistique. Mêmes conclusions de la méta-analyse que les chercheurs ont menée sur 6 études publiées: les femmes dont le taux plasmatique de HCB est le plus élevé ont deux fois plus de risques de diabète de type 2. Cette fois-ci, les PCB présentent aussi un lien avec la maladie, avec un risque accru de 70%.

Difficile d’attribuer le diabète de type 2 au seul HCB, notent toutefois les chercheurs. Utilisée comme fongicide avant d’être interdite en 2001 par la Convention de Stockholm, cette molécule «possède une longue demi-vie d’élimination», rappellent-ils. «C’est pourquoi elle est utilisée comme ‘modèle chimique’ pour prédire le destin d’autres POP (…). Dans notre étude, sa présence était corrélée à plusieurs d’entre eux», ajoutent-ils.



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