Le déstockage partiel des déchets de Stocamine refait surface

Le 13 février 2019 par Stéphanie Senet
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42.000 tonnes de déchets dangereux restent enfouis à 500 mètres de profondeur
42.000 tonnes de déchets dangereux restent enfouis à 500 mètres de profondeur

Après avoir abandonné l’idée d’un déstockage en janvier dernier, le ministre de la transition écologique change d’avis. Le projet est à l’étude mais les travaux de confinement des déchets industriels dangereux se poursuivent.

 

Une lueur d’espoir renaît pour les opposants au confinement définitif des déchets de Stocamine. Après avoir reçu, le 12 février, les élus alsaciens favorables au déstockage des déchets enfouis à 500 mètres sous terre, dans l’ancienne mine de potasse de Wittelsheim (Haut-Rhin), le ministre de la transition écologique leur accorde une nouvelle étude. La faisabilité technique et financière d’un déstockage partiel sera examinée pendant un an, mais elle n’interrompt pas pour autant le chantier du confinement, prévu jusqu’en 2027. François de Rugy affirme avoir pris cette décision «dans un esprit d’apaisement et d’écoute des propositions des élus locaux et des inquiétudes des citoyens». Ceux-ci craignent en particulier une pollution de la nappe phréatique d’Alsace.

Etude favorable au confinement

Le ministre de la transition écologique s’est également engagé à faire présenter les résultats de l’étude du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) lors d’une réunion organisée par le préfet du Haut-Rhin. Ces travaux, commandés en avril 2018 par l’ancien ministre Nicolas Hulot, démontrent que le déstockage[1] présente des risques plus importants et plus graves que le confinement, à la fois pour la nappe, le personnel travaillant au fond et pour la surface lorsque les déchets seront remontés. Ils affirment aussi que les déchets non solubles, dont les résidus d’amiante, n’ont pas d’impact sur la nappe phréatique car ils ne sont pas susceptibles d’être entraînés par la saumure. Pour les déchets solubles, le risque serait faible et limité «à moins d’un mètre cube par an de saumure contaminée susceptible de remonter» pour une nappe contenant 35 milliards de mètres cubes d’eau.

Rapport favorable au déstockage

A l’inverse, un rapport parlementaire publié le 18 septembre dernier plaidait pour la remontée des 42.000 tonnes de déchets industriels restants[2]. L’un des co-auteurs, le député LREM du Haut-Rhin Bruno Fuchs, s’est dit «satisfait» des échanges avec le ministre de la transition écologique. «C’est une porte qui s’ouvre, le ministre a écouté nos arguments. Il faut au moins remonter tous les produits solubles», a-t-il ajouté. Un avis que ne partage pas le collectif Déstocamine, militant pour un déstockage total. Selon Josiane Kieffer, sa porte-parole, le déstockage partiel est «ridicule». «Le risque continue d’exister. Ce n’est pas cette proposition qui va freiner la mobilisation», a-t-elle déclaré. Environ 150 personnes se sont regroupées devant le site, le 12 février, pour en bloquer l’accès, en signe de protestation contre le confinement.



[1] hors bloc 15, le bloc incendié en septembre 2002

[2] Environ 2.000 t de déchets contenant du mercure et de l’arsenic ont été remontés entre 2015 et 2017



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