Le désinvestissement gagne le monde financier

Le 23 septembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Encore un effort...
Encore un effort...

 

S'il ne bouleverse pas encore la stratégie des énergéticiens, le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles prend de l'ampleur. Dans un rapport publié le 22 septembre, Arabella Advisors révèle que, désormais, 436 institutions financières et 2.040 particuliers ont annoncé vouloir retirer leurs billes des secteurs du gaz, du pétrole ou du charbon. L'an dernier, le consultant en investissement socialement responsable avait recensé 837 investisseurs (dotés de 50 milliards d'euros) carbophobes. Le message porté par des ONG, comme 350.org, semble porter. Mais est-ce suffisant pour infléchir le modèle économique des majors des hydrocarbures ou des grandes compagnies minières? Pas si sûr.

Certes, ces 2.476 investisseurs disposent d'un trésor de guerre important: 2.600 milliards de dollars (2.334,4 Md€). Mais tout cet argent n'est pas, loin s'en faut, investi dans Exxon, Total ou Xstrata. D'autre part, chacun interprète la notion de désinvestissement comme il veut. Le fonds pétrolier norvégien -le plus gros fonds souverain du monde- a récemment décidé de vendre ses actions d'entreprises dont le charbon représente plus de la moitié du chiffre d'affaires. A l'inverse, le congrès de Californie interdit désormais à ses deux fonds de pension publics (Calpers et Calstrs) de mettre le moindre cent dans une entreprise travaillant de près ou de loin dans le charbon. De plus, certains investisseurs promettent de se retirer du secteur carboné mais en quelques années, histoire de ne pas subir de dépréciation d'actifs.

Enfin, les montants investis par le secteur de l'énergie restent très au-dessus de l'argent brassé par ces investisseurs anti-carbone. Selon les dernières projections de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), les énergéticiens vont devoir investir 50.000 Md$ (44.893 Md€) au cours des 20 prochaines années. Dans le lot, les électriciens devraient encore mettre à feu 1.200 gigawatts électriques de centrales à charbon. Le secteur de la finance doit faire encore un gros effort pour réduire la consommation d'énergies fossiles.

 



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