Le déclin mondial des eaux souterraines s’accélère

Le 24 septembre 2010 par Sabine Casalonga
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Le taux de diminution des réserves d’eau souterraine a plus que doublé en 40 ans dans le monde, en raison d’une surexploitation par l’homme, selon une étude à paraître dans la revue Geophysical Research Letters.

Ces vastes réservoirs sont pourtant essentiels à la vie quotidienne et à l’agriculture dans de nombreuses régions, au-delà de leur rôle dans le maintien des écosystèmes, souligne l’Union américaine de géophysique dans son communiqué du 23 septembre.

L’équipe de Yoshihide Wada de l’université d’Utrecht (Pays-Bas) a établi une base de données mondiale de la situation des eaux souterraines à l’aide d’un modèle hydrologique global et d’une évaluation des taux de recharge (par les aquifères souterrains notamment), et de décharge (estimations de volumes d’eau extraits).

D’après les calculs des chercheurs, le taux d’épuisement des réserves souterraines a plus que doublé de 1960 à 2000, les volumes « perdus » [différence entre la recharge et la décharge] passant de 126 à 283 kilomètres cubes (km3) d’eau par an. Si un tel taux de siphonage était appliqué aux Grands lacs aux Etats-Unis, ces derniers seraient asséchés en 80 ans seulement… Toutefois, comme le volume total des eaux souterraines mondiales n’est pas connu, il est difficile de prévoir à quelle échéance ces réserves risquent de disparaître.

Les taux de réduction les plus élevés ont été observés dans certaines des plus granges zones agricoles mondiales comme le nord-ouest de l’Inde, le nord-est de la Chine, le nord-est du Pakistan, la vallée centrale de Californie et le Midwest des Etats-Unis.

L'appauvrissement des nappes a crû de façon linéaire de 1960 au début des années 1990 et connaît depuis une nette accélération, résultat du développement des économies émergentes et de leurs populations, principalement en Inde et en Chine.

Les scientifiques estiment que la quantité actuellement pompée par l’homme est telle qu’elle contribue à hauteur de 25 % à l’élévation annuelle du niveau des océans (par évaporation des zones irriguées, puis précipitations).

Selon l’auteur principal, cette diminution drastique des eaux du sous-sol est source de désastre potentiel. « Si vous laissez la population se développer en utilisant les eaux souterraines qui ne sont pas rechargées, vous allez droit dans le mur, au bout d’un temps donné il y aura des problèmes liés à la faim et l'agitation sociale qui va avec », avertit-il. Ces réserves d’eau souterraines représentent près de 30 % de l’eau potable disponible sur la Terre (contre seulement 1 % pour les eaux de surface).

 



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