Le déclin de la production de déchets se fait toujours attendre

Le 15 avril 2019 par Stéphanie Senet
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Les déchets de la construction ont augmenté de 2% au cours des 10 dernières années
Les déchets de la construction ont augmenté de 2% au cours des 10 dernières années
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Si les ménages génèrent autant de résidus qu’avant, les entreprises en produisent légèrement moins. Seule exception: le secteur du bâtiment et des travaux publics, indique le bilan 2018 publié par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

568 kilogrammes par personne. Voici le poids des déchets ménagers[1] générés en France en 2016. Après avoir doublé entre 1960 et 2005, cette production stagne depuis la fin des années 2000 (-0,3% en 10 ans), davantage sous l’effet de la crise que des politiques de prévention. Un point positif: la consommation des ménages étant repartie à la hausse, un découplage s’opère depuis 2011. A noter que les déchets ménagers sont la cible préférée des politiques de gestion alors qu’ils ne représentent que 9% du tonnage de déchets générés sur le territoire contre 81% pour les déchets du bâtiment et des travaux publics (BTP).

 

baisse dans les entreprises, hausse dans la construction

Côté entreprises, la baisse s’avère un peu plus marquée (-8% en 10 ans) pour atteindre une production de 700 kg par équivalent-habitant en 2016[2]. Plus gros producteur, le secteur de la construction en a généré 3.400 kg/hab. Un chiffre en hausse de 2% en 10 ans. La France n’est pas pour autant en infraction puisque les directives européennes sur les déchets n’imposent aucune baisse de production, biodéchets mis à part (cf. encadré).

Cadre européen / Adopté le 22 mai 2018, le paquet européen sur l’économie circulaire vise 4 objectifs principaux: 55% de déchets municipaux recyclés en 2025 (60% en 2030 et 65% en 2035), 65% de recyclage des déchets d’emballages en 2025 (70% en 2030), 10% de mise en décharge au maximum en 2035 et une baisse de 50% des biodéchets en 2030.

 

65% de recyclage total

Finalement, le taux de recyclage total[3] a progressé de 13 points depuis 2006 dans l’Hexagone pour atteindre 65% en 2016. La généralisation de l’extension des consignes de tri en 2022 devrait par ailleurs doper le recyclage des plastiques, qui passerait de 31% en 2017 à 60% en 2030 selon l’Ademe.

Pour le reste, 29% des déchets finissent en décharge (-15% en 10 ans) et 6% font l’objet d’une valorisation énergétique (en hausse de 59% en 10 ans).

 

Baisse des débouchés dans l’industrie

Acier, aluminium, papier, carton, calcin, plastique… Selon l’Ademe, 24,5 millions de tonnes de matières premières issues du recyclage ont été mises sur le marché en 2014. Seulement 17,5 Mt ont été incorporées par l’industrie française. Soit une baisse de 13% par rapport à 2005, faiblesse du cours des matières premières oblige. Les industries les plus intéressées sont le papier (le recyclage approvisionne 66% des ressources), le verre (58%), la sidérurgie (50%) et la plasturgie (6%).

 

Réemploi et réutilisation en hausse

Une nouveauté: la réutilisation et le réemploi progressent fortement. Ils concernent 1 million de tonnes de biens en 2017 contre 780.000 t en 2014 (+28%). Une bonne nouvelle pour l’économie circulaire.

 

 



[1] Il s’agit des déchets ménagers et assimilés collectés par les collectivités. Cela représente 514 kg de déchets municipaux.

[2] hors construction

[3] Ce taux concerne les déchets ménagers, des entreprises et de la construction alors que la directive européenne ne vise que les déchets municipaux collectés par les collectivités locales.

 



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