Le déclin actuel du nucléaire sera exacerbé par Fukushima, selon WWI

Le 22 avril 2011 par Sonja van Renssen
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La catastrophe nucléaire japonaise ne fera qu’exacerber un déclin déjà bien en place de l’industrie mondiale du nucléaire, déjà dépassée par celle des renouvelables, selon un rapport à venir du think tank environnemental américain Worldwatch Institute.

Sa publication coïncidera avec le 25e anniversaire du désastre de Tchernobyl. Ce rapport annuel explique par le menu que l’énergie nucléaire décline lentement, mais sûrement.

Les réacteurs mis à l’arrêt définitif sont plus nombreux que ceux qui démarrent leur activité et «il est maintenant évident que le développement de l’énergie nucléaire ne peut plus suivre celui de ses concurrents renouvelables», selon ses auteurs. Chaque année depuis 15 ans, plus de capacités de production renouvelables sont mises en service que de nucléaires. En 2010 et pour la première fois, la capacité totale installée des sources d’énergie renouvelables a dépassé au niveau mondial celle du nucléaire: 381 gigawatts (GW) contre 375 GW.

Le coût estimé de construction de capacité de production nucléaire, de 1.000 dollars le kilowatt il y a 10 ans, a été multiplié par 6 aujourd’hui, d’après les auteurs. Et encore! Ce coût devrait continuer à grimper après Fukushima, à cause de normes de sûreté plus élevées.

Le nucléaire compte aujourd’hui pour 13% de la production mondiale d’électricité. Les auteurs du rapport ont calculé que 18 nouveaux réacteurs devraient être mis en service d’ici 2015 pour que le nucléaire maintienne sa part dans le bouquet énergétique. «C’est tout simplement impossible», selon l’expert international Mycle Schneider, un des auteurs du rapport, et ceci purement à cause de contraintes industrielles sur les composants, même sans l’influence «dévastatrice» de Fukushima.

«Il sera pratiquement impossible de maintenir, sans parler d’augmenter, le nombre de réacteurs en service pendant les vingt prochaines années», explique le rapport. Quelque 14 pays sont en train de construire de nouvelles centrales et «quasiment tous accumulent des délais substantiels et des dépassements de coûts». Le projet emblématique d’EPR à Olkiluoto (Finlande), piloté par Areva, a maintenant 4 ans de retard sur le plan initial, avec un dépassement du budget de 90%. La plupart des nouveaux projets nucléaires sont concentrés sur l’Asie et l’Europe de l’Est.

Le renouvellement d’un parc nucléaire vieillissant rencontre en fait trois problèmes majeurs: un goulet d’étranglement industriel à court terme, une pénurie de personnel qualifié et un secteur financier sceptique. Si on y ajoute des fluctuations de prix des matières premières, l’accident majeur de Fukushima et les nouvelles menaces terroristes, le pronostic est pessimiste pour le nucléaire, continue le rapport.

Celui-ci critique les «énormes subventions directes et indirectes» pour une industrie en déclin qui a encore besoin de subventions après 50 ans d’activité, et qui «continue à bénéficier d’un accès privilégié à des fonds gouvernementaux pour la R&D», malgré le décollage des renouvelables.



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