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Le début de la fin du charbon américain?

Le 16 juillet 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les compagnies charbonnières US peinent à se financer.
Les compagnies charbonnières US peinent à se financer.

200, pas moins. C’est le nombre de centrales au charbon américaines qui ont été mises au rebut ces 5 dernières années, estime le Sierra Club. Les 5 dernières en date sont celles que la compagnie Interstate Power and Light a décidé de fermer ou de faire passer au gaz, dans l’Iowa, suite à un accord conclu avec les autorités locales.

morts, asthme et carbone

Cette évolution est l’effet collatéral du durcissement de la loi sur la protection de l’air (Clean Air Act, CAA) et de la crainte de voir s’étendre les marchés américains du carbone. Pour autant, les résultats sont là: 40% des centrales au charbon des Etats-Unis sont hors service ou ont été modifiées pour brûler des combustibles moins carbonés (gaz, biomasse). Ces petites installations[1] ont été à l’origine, chaque année, de 6.000 attaques cardiaques, de 60.000 crises d’asthme et de 3.600 morts, estime l’organisation écologiste. Elles émettaient aussi 188 millions de tonnes de CO2 par an.

gaz, air et renouvelables

La dynamique n’est pas prête de fléchir. Le consultant Bloomberg New Energy Finance (BNEF) estime que le parc de centrales adeptes de King Coal devrait encore diminuer de 17% d’ici 2020. La faute au CAA, bien sûr, mais aussi à l’abondance du gaz de schiste bon marché.

La chute des prix des éoliennes et des centrales solaires fait aussi réfléchir les électriciens. Dans les prochaines années, les énergies renouvelables (ENR) atteindront la parité réseau avec les énergies classiques, dont le charbon. BNEF estime qu’à l’horizon 2040, 92% des capacités de production d’électricité brésiliennes seront vertes, contre 90% des allemandes et 77% des Britanniques.

Actions et crédits

Même dans des pays où le charbon est aujourd’hui roi, l’avenir s’annonce propice aux ENR. En Chine, plus de la moitié des centrales pourraient être actionnées par l’eau, le vent ou le soleil.

Les investisseurs ne s’y trompent d’ailleurs pas. Depuis le début de l’année, le cours des actions d’Arch, Peabody ou Alpha Natural Resources, s’est respectivement effondré de 30, 40 et 70%. La valeur de ces géants du charbon n’étant plus ce qu’elle était, l’accès au crédit leur est désormais difficile. Et le charbon est gros consommateur de crédits.

 



[1] Drax, la plus grande centrale au charbon d’Europe occidentale émet, à elle seule, une vingtaine de millions de tonnes de CO2 par an.

 



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