Le débat sur les pesticides s’invite à la Cité du vin

Le 31 mai 2016 par Romain Loury
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Die-in à Bordeaux
Die-in à Bordeaux

Inaugurée mardi 31 mai à Bordeaux par François Hollande, la Cité du vin a été l’occasion pour les associations de manifester contre l’usage excessif de pesticides dans la région. Parmi leurs revendications, la mise en place d’un plan de sortie des pesticides.

Ouverte au public mercredi 1er juin, la Cité du vin, espace culturel de 13.500 mètres carrés, sera «un voyage à travers le temps et l’espace  à la découverte du vin dans ses dimensions culturelle, civilisationnelle, patrimoniale et universelle», selon la Fondation pour la culture et les civilisations du vin, qui en est l’exploitant. Elle devrait accueillir 450.000 personnes par an, selon les projections.

Son inauguration, ce mardi 31 mai en présence de François Hollande, a été l’occasion pour plusieurs associations de rappeler leurs préoccupations en matière d’usage des pesticides, dont la vigne est particulièrement gourmande: 20% des pesticides utilisés en France, pour moins de 3% de la surface agricole utile (SAU) française.

Plus de 200 personnes pour un «die-in»

Lors de la visite présidentielle, plus de 200 personnes se sont livrés à un «die-in», action qui consiste à s’allonger pour simuler les morts, en l’occurrence les victimes des pesticides. Parmi les associations présentes, Les Amis de la Terre Gironde, les Jeunes Ecologistes Bordeaux Aquitaine, Générations Futures, le Collectif Infos Médoc Pesticides et Vigilance OGM33.

Reçues par la conseillère agriculture de François Hollande, Marie-France Cazalere, ces associations demandent «la mise en place d'un plan de sortie rapide des pesticides daté et chiffré, des accompagnements et des aides à la conversion [à l’agriculture bio], la reconnaissance des victimes, la promotion d'un système agricole sans danger pour la santé et l'environnement».

Par cette action, il s’agissait de «montrer que les citoyens sont déterminés à faire  partie du débat sur les pesticides», trop souvent laissé aux mains des lobbies agroindustriel et phytopharmaceutique, explique Aurélie Schild, porte-parole des Amis de la Terre Gironde, contactée par le JDLE.

Inquiétude croissante chez les riverains

Le débat sur les pesticides prend de l’ampleur en Gironde. A tel point que même le président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), Bernard Farges, s’est engagé fin avril à «une diminution forte, voire à une sortie de l’usage des pesticides». Une annonce sans conséquences, estime Aurélie Schild: «c’est dans l’intérêt [de Bernard Farges], car la population de Gironde est de plus en plus défavorable aux pesticides».

Particulièrement sensible, la question des riverains d’exploitations viticoles: fin avril, la préfecture de Gironde publiait un arrêté restreignant les épandages, mais uniquement à proximité d’établissements de santé ou accueillant des enfants.

Parmi les mesures, l’encouragement à la mise en place de dispositifs de protection (haies, matériel d’épandage empêchant la dérive), l’interdiction de pulvérisation sur certaines plages horaires en l’absence de ces dispositifs, une distance de sécurité (50 mètres, voire moins en fonction du type de pulvérisateur).

Pour les associations, cette distance est insuffisante: elles souhaitent l’augmenter à 100 mètres pour tout lieu de vie, et réserver les abords des écoles à la viticulture biologique.



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