Le débat sur les OGM refait surface après l’étude du Pr Seralini

Le 21 septembre 2012 par Alexia Tilly
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L'étude de Séralini a ravivé la polémique
L'étude de Séralini a ravivé la polémique

L’étude du professeur Seralini sur la toxicité du maïs OGM NK 603 a relancé le débat sur l’innocuité supposée des végétaux  génétiquement modifiés. Deux jours après la publication de l’étude dans une revue très réputée, la Food and Chemical Toxicology Review, la méthode et le sérieux de l’analyse sont remis en question par d’autres experts.

Les interrogations portent notamment sur la race de rat utilisée dans l’étude, qui développerait facilement des tumeurs en cas de suralimentation. Le nombre de 200 rats n’est pas non plus jugé satisfaisant par certains scientifiques.

Même au sein du gouvernement français, des doutes sur l’étude ont filtré.

«Si la méthodologie de l’étude «SERALINI» est validée et confirme l’existence d’un risque lié au maïs transgénique NK603, le ministre délégué en charge de la consommation saisira sans délai la Commission européenne en vue d’interdire l’importation de cet OGM en Europe et d’en suspendre la commercialisation en France», assure-t-on du côté de Bercy. Interrogé le 20 septembre, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a de son côté «demandé une procédure rapide, de l'ordre de quelques semaines, qui permette de vérifier la validité scientifique de cette étude». Il s’est aussi engagé à «demander l’interdiction des OGM au niveau européen, si ces résultats s’avéraient concluants», a-t-il assuré.

Les ONG ont de leur côté bondi sur l’occasion pour demander l’évaluation de l’innocuité des OGM par les agences de sécurité sanitaire, comme le WWF par exemple. Lequel rappelle que la France «importe chaque année 3,9 millions de tonnes de soja principalement OGM participant à la déforestation au Brésil et en Argentine».

Pour le Réseau Environnement Santé, du scientifique et toxicologue André Ciccolella, la publication de l’étude sur les rats n’est pas une surprise.

«Il était de notoriété publique que les tests sur animaux en ce qui concerne les OGM n’avaient été conduits que sur trois mois, alors que la règle en matière de toxicité chronique est de conduire les études sur une durée de deux ans. Cette durée de deux ans est elle-même insuffisante car la vie des rongeurs est en effet de trois ans, ce qui correspond chez l’homme à l’âge de la retraite.»

Et le spécialistes de s’interroger: «Comment se fait-il qu’il ait fallu une étude menée en dehors du fonctionnement académique habituel pour pouvoir disposer de ces données?»

Au niveau international, les réactions ont également été nombreuses et souvent virulentes.

Notamment en Californie, où une nouvelle loi, appelée Proposition 37, devrait bientôt être votée. Elle devrait imposer un étiquetage très précis de la composition des aliments contenant des OGM, ce qui n’est actuellement pas le cas aux Etats-Unis. Au Royaume-Uni, ou en Australie, de nombreux scientifique s’insurgent contre cette étude, avançant qu’elle manque de cohérence. De fait, les rats nourris avec une proportion plus importante de maïs transgénique meurent plutôt moins que les rats dévorant moins de maïs modifié. Des questions qui restent largement ouvertes dans la communauté scientifique.

http://research.sustainablefoodtrust.org/wp-content/uploads/2012/09/Final-Paper.pdf



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