Le cycle du mercure de mieux en mieux connu

Le 29 décembre 2004 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
mercure
mercure

Publiée récemment dans la revue américaine Environmental science and technology, une étude américaine permet une meilleure connaissance du cycle biogéochimique du mercure dans les écosystèmes. Les chercheurs de l'université du Nevada veulent utiliser leurs résultats pour développer une technologie de dépollution des sols.

Avec une longue histoire d'extraction d'or, les Etats-Unis connaissent une importante pollution au mercure (Hg) dans certaines régions telles que le Nevada. Elle est accentuée par le fait que le pays continue à produire une part importante de son électricité à partir de charbon . Ces usines rejettent environ 40% des émissions de mercure attribuées aux activités humaines.Le mercure, de la famille des métaux lourds, a pour particularité de pouvoir être transporté dans l'air sur de très longues distances (environ 1.000 kilomètres). Il est ensuite précipité dans le sol et dans l'eau. Son accumulation tout au long de la chaine alimentaire peut présenter des risques sanitaires. Comme l'a illustré l'empoisonnement de Minamata - la ville japonaise qui a subi une pollution des eaux dans les années 1950 à 1970 -, le mercure a eu des effets neurotoxiques sur les hommes, contaminés en se nourrissant de poissons.

De nombreuses actions sont menées aux Etats-Unis pour diminuer les rejets de mercure dans l'air, dont  le programme "Utility Mercury Reductions rule" présenté en janvier 2004 , selon les principes du Clean Air act. Il vise à contrôler les émissions du mercure provenant des centrales électriques. Les objectifs sont d'atteindre 26 tonnes de rejets en 2010 et 15 tonnes en 2018. En 1999, date du dernier inventaire de l'EPA, les centrales électriques émettaient 50 tonnes de mercure dans l'air sur un total de 120 tonnes de rejets d'origine anthropique. L'EPA finan ce d'autre part des recherches pour mieux connaître le cycle biogéochimique du mercure dans l'environnement. Appartenant au Programme expérimental pour une recherche compétitive de l'EPA (Agence américaine de l'environnement), une étude de l'université du Nevada fournit de nouveaux éléments de compréhension du cycle. Mae Gustin, directeur de recherche, et ses collègues ont découvert que les feuilles des plantes absorbent le mercure présent dans l'air. Jusqu'à présent, les scientifiques supposaient que les plantes absorbaient la substance toxique par leurs racines pour le rejeter dans l'air par l'intermédiaire des feuilles. Mais lors de leurs expérimentations, les chercheurs américains ont découvert que les émissions mercurielles diminuent lorsque les feuilles tombent, ce qui signifie que la molécule pénètre par les feuilles, non pas par les racines.

Cette avancée permettra de mieux comprendre le cycle complexe du mercure. Car les mécanismes de transfert entre le sol, l'eau et l'air restent pour le moment peu connu, notamment la transformation du mercure inorganique en mercure organique, principalement le méthylmercure. Cette molécule est la forme la plus toxique de la substance. Hautement assimilable par les animaux et les êtres humains, le méthylmercure peut traverser les membranes cellulaires et s'accumuler dans les tissus vivants. La transformation du mercure inorganique en substance organique peut se produire dans l'eau, les sédiments et le sol. La recherche de l'université du Nevada confirme que les plantes jouent un rôle essentiel dans le passage entre l'air et le sol.

Cette découverte va permettre d'avancer sur l'autre composante du projet. Menée en partenariat avec l'université de Georgie, elle consiste à évaluer le potentiel de phytoremédiation des sols pollués par du mercure en utilisant des plantes manipulées génétiquement.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus