Le cuivre pour lutter contre la légionellose

Le 16 mai 2005 par Ludivine Hamy
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cuivre
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Le cuivre est le matériau le plus utilisé en Europe pour les canalisations d’eau potable à l’intérieur des bâtiments. Ses propriétés bactéricides, algicides et fongicides en font un agent antibactérien propre à limiter, voire inhiber, la prolifération de légionelles.

L'Europe des Quinze consomme environ 350.000 tonnes par an de tubes de cuivre pour le bâtiment (hors chauffe-eau, chaudières et aire conditionné). Rapporté à la consommation européenne globale de cuivre (environ 3,7 millions de tonnes), le secteur du tube de cuivre représente ainsi à lui seul près de 10% du cuivre consommé en Europe.

Les partisans du cuivre disposent depuis février 2003 des conclusions d'un rapport publiée par le Kiwa (organisme officiel de certification néerlandais) sur les qualités du cuivre en matière de santé publique. Ce rapport livre les conclusions d'une étude de long terme sur l'influence exacte de ce matériau sur le développement des colonies de légionelles dans les eaux destinées à la consommation humaine. Il en résulte que le cuivre est peu propice à la formation de biofilm (1) et constitue donc un milieu beaucoup moins favorable que les autres matériaux (polyéthylène réticulé, acier…) à la prolifération des légionelles. En outre, le cuivre supporte parfaitement les élévations de température, une propriété intéressante lors de traitements de désinfection par choc thermique.

Outre cette étude, un rapport du Conseil supérieur d'hygiène publique de France, publiée fin 2001, affirme que «parmi les matériaux utilisés dans les réseaux de distribution, la colonisation [en légionelles] est moindre pour le cuivre et plus importante lors de l'utilisation de certains caoutchoucs synthétiques et du chlorure de polyvinyle (PVC). A 50°C, les légionelles ne survivent plus sur les surfaces en cuivre; il faut atteindre 60°C pour les autres matériaux (polybutylène et PVC).» Suite à ce rapport, la Direction générale de la santé a publié une circulaire relative à la prévention du risque lié aux légionelles (2). Ce document, initialement destiné aux établissements de santé, les plus concernés par les problèmes de légionellose, insiste sur le fait que les réseaux de distribution d'eau chaude représentent la première source d'infection bactérienne et souligne «l'action bactéricide de contact» du cuivre.

Pour toutes ces raisons, le cuivre constitue aujourd'hui le substitut idéal au plomb dans tous les réseaux anciens qui doivent être remplacés, conformément à la législation qui fixe à 25 microgramme par litre (µg/l) la teneur maximale en plomb dans l'eau (3). Or, il existe encore en France quelque 4 millions de branchements et 2 millions de réseaux intérieurs composés en tout ou partie de canalisations en plomb. En France, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) recommande à ses adhérents d'utiliser les tubes en cuivre certifiés par la norme NF. Les professionnels disposent en outre d'un document technique unifié (DTU) (4) regroupant toutes les informations nécessaires à la pose et à l'entretien de ces installations.



(1) Le biofilm est une couche de micro-organismes contenus dans une matrice se formant sur les surfaces en contact avec l'eau. Il constitue un refuge certain pour les micro-organismes tels que Legionela, E.Coli ou Listeria…

(2) Circulaire n° 2002/243 du 22 avril 2002

(3) Décret du 20 décembre 2001 sur la teneur en plomb dans l'eau potable

(4) DTU 60.5 - Canalisations en cuivre - Distribution d'eau froide et chaude sanitaire, évacuation d'eaux usées, d'eaux pluviales, installations de génie climatique, norme homologuée NF P 41-221




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