Le cresson, vecteur avéré d’E. coli O157

Le 06 novembre 2013 par Romain Loury
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Le cresson, un vecteur de bactérie en Grande-Bretagne
Le cresson, un vecteur de bactérie en Grande-Bretagne
DR

Au Royaume-Uni, le cresson a été, en août et en septembre, à l’origine d’une série de cas d’Escherichia coli O157, bactérie surtout liée à la viande de bœuf.

C’est le 9 septembre que les autorités sanitaires britanniques ont observé un excès d’infections par cette bactérie: 12 cas rapportés la semaine du 2 septembre, alors que l’E. coli O157 a fait en moyenne 44 victimes par an entre 2009 et 2012, révèle une communication dans le bulletin Eurosurveillance.

Après enquête, Naomi Launders, du département des infections émergentes et zoonotiques de l’organisme Public Health England (PHE), et ses collègues font état de 19 cas, dont 14 en Angleterre, 4 au Pays de Galles et 1 en Ecosse, tous infectés par la même souche d’E. coli. 7 ont dû être hospitalisés et 14 ont enduré des diarrhées sanglantes, mais aucun n’est décédé ou n’a développé de syndrome hémolytique et urémique (SHU), complication la plus grave d’une infection par E. coli [1].

L’investigation épidémiologique désigne un produit qui n’avait jamais été impliqué dans une infection par E. coli, le cresson. Celui impliqué était commercialisé dans les supermarchés Sainsbury’s, qui ont procédé, début septembre, au rappel de 6 salades pré-emballées à base de cresson. L’enseigne s’était approvisionnée auprès d’un seul fournisseur (que les auteurs de l’article ne nomment pas), propriétaire de 10 fermes cultivant du cresson dans le sud de l’Angleterre.

 

E. coli: la viande, mais aussi les légumes

Principalement liées à la viande de bœuf, les infections par E. coli peuvent aussi survenir avec des légumes, en témoignent celles liées aux épinards aux Etats-Unis, ou plus récemment celle due à des graines germées en Allemagne. Quant au cresson, il est surtout connu pour les fasciolases, maladie parasitaire liée au ver Fasciola hepatica («douve du foie») qui affecte avant tout les ruminants.

Une étude néo-zélandaise de 2004 a toutefois révélé que le cresson, qui pousse en milieu liquide, pouvait héberger de l’E. coli et des salmonelles, et une étude britannique menée sur l’ensemble des cas d’infection survenus en 1996 et 1997 avait montré que la consommation de cresson était un facteur de risque.

A ce jour, les inspections menées dans les 10 fermes n’ont révélé aucune anomalie, mais les analyses se poursuivent. Selon les chercheurs, la contamination pourrait avoir eu lieu en divers points: faille du système visant à s’assurer que la culture n’est pas contaminée par des effluents agricoles, présence d’E. coli dans l’eau de culture, voire sur les graines elles-mêmes (comme c’était le cas pour les graines de fenugrec à l’origine de l’épidémie allemande d’E. coli, en 2011). Dans ce dernier cas de figure, le cresson pourrait très bien faire de nouvelles victimes ailleurs qu’au Royaume-Uni.

 

 

[1] Fait frappant, la moyenne d’âge des personnes touchées était de 65 ans, alors que l’incidence d’infection par E. coli est généralement plus forte chez les enfants de moins de 4 ans. Peut-être ceux-ci ne sont-ils pas très friands de cresson...

 

 



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