Le coût réel de la pollution chimique, selon le Pnue

Le 05 septembre 2012 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Nombreux sont les fûts de pesticides à terminer leur parcours en Afrique
Nombreux sont les fûts de pesticides à terminer leur parcours en Afrique

Les produits chimiques ont été à l'origine de 4,9 millions de morts en 2011, indique le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un rapport publié aujourd’hui 5 septembre. Cela représente 8,3% du total des décès dans le monde.

Le Pnue précise que l’utilisation croissante de ces produits chimiques, en particulier dans les pays émergents, génère également des coûts de plus en plus élevés en matière de santé.

«Les produits chimiques sont de plus en plus présents dans notre vie quotidienne et ils ont un coût élevé pour la santé et pour l'environnement», déclare à Genève Sylvie Lemmet, directrice de la division Technologie, industrie et économie au Pnue. Elle présentait pour la première fois un rapport d'évaluation globale sur l'impact des produits chimiques recensant au moins 143.000 produits.

«Ces décès ne sont que le sommet de l'iceberg. Ils pourraient être évités par une gestion plus saine», estime Maria Neira, la directrice du département Santé publique et environnement de l'OMS. La production de l'industrie chimique est en effet passée de 171 milliards de dollars (136 milliards d’euros) par an en 1970 à 4.120 Md$ (3.300 Md€) en 2010.

D’ici 2050, la croissance moyenne de production est estimée à 3% par an, notamment dans les pays en développement où les précautions prises sont beaucoup moins grandes que dans les pays industrialisés.

«Les communautés à travers le monde, en particulier celles des pays émergents et en voie de développement, sont de plus en plus dépendantes des produits chimiques, depuis les engrais en passant par les produits plastique et électroniques», souligne Achim Steiner, le directeur exécutif du Pnue. Mais, poursuit le responsable, la pollution et les maladies liées à la production, l'utilisation et l'élimination des produits chimiques peuvent entraver leur développement en affectant les ressources en eau, la sécurité alimentaire, le bien-être et la productivité des travailleurs.

Le Pnue estime que la mauvaise gestion de produits chimiques, de leur production au traitement des déchets, est responsable de 236 Md$ (187 Md€) de pertes au niveau mondial.

La plupart de ces coûts ne sont pas à la charge des industriels, mais à celle des systèmes de santé et des particuliers, note l’organisme des Nations unies, qui appelle les gouvernements et les industriels à agir davantage.

Le rapport estime ainsi que les coûts liés à des empoisonnements par des pesticides en Afrique sub-saharienne excède désormais les aides au développement versées annuellement à cette région du monde pour la santé, notamment pour la prise en charge du sida. Dans cette même région, les frais de santé liés à des empoisonnements par pesticides dans de petites exploitations agricoles pourraient s'élever à 90 Md$ (72 Md€) entre 2005 et 2020.

Autre exemple, en Chine, la pollution de l'eau a provoqué 634 M$ (environ 500 M€) de dégâts dans des élevages de poissons, alors que dans la seule production des biens électroniques, plus de 500 produits chimiques sont utilisés.

Tout en notant des avancées, ces dernières années, dans la gestion des produits chimiques, le Pnue souligne également que «le rythme des progrès a été lent et les résultats trop souvent insuffisants». Sur les quelque 140.000 produits chimiques commercialisés aujourd'hui, seulement une fraction a été réellement évaluée afin de déterminer les effets sur la santé et l'environnement.

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus