Le coût de l’inaction climatique comparable à celui d’une pandémie annuelle

Le 15 avril 2020
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Le coût de l'inaction reste très supérieur à celui de l'action climatique.
Le coût de l'inaction reste très supérieur à celui de l'action climatique.
VLDT

Selon une étude chinoise, le coût de l’inaction climatique est six à 10 fois supérieur à celui de la stabilisation du réchauffement imposée par l’Accord de Paris.

C’est l’article le plus commenté, ce 15 avril, au sein de la communauté des climatologues. Publié par Nature communications, le 14 avril, le papier de l’équipe internationale dirigée par Yi-Ming Wei (institut de technologie de Pékin) évalue, en effet, le coût de l’inaction climatique.

Plus exactement, les 13 chercheurs ont estimé les bénéfices économiques de la mise en œuvre de stratégies nationales visant à stabiliser le réchauffement entre 1,5°C et 2°C, l’objectif de l’Accord de Paris. Nous n’y sommes d’ailleurs pas tout à fait.

Pour le moment, rappelle Climate Action Tracker, les stratégies climatiques en cours de déploiement devraient porter à plus de 3 °C le réchauffement planétaire entre l’ère préindustrielle et la fin de ce siècle. S’ils étaient tenus dans la durée, les engagements pris par les Etats depuis 2015 (les fameux NDC) pourraient limiter à 2,8 °C cette poussée de fièvre.

un investissement intéressant?

Est-ce intéressant pour les sociétés humaines d’investir massivement dans l’atténuation et l’adaptation en vue de ralentir sensiblement les effets des changements climatiques ? La question mérite d’être posée, au vu des efforts à consentir pour ralentir la montée du mercure.

Stabiliser le thermomètre à 1,5 °C nous oblige, collectivement, à réduire de 6 à 7% par an nos émissions de gaz à effet de serre, une performance que nous réaliserons, peut-être, en 2020, bien malgré nous.

Les climatologues ont comparé les retombées économiques de 9 scénarios bas carbone : 4 ayant les 2°C pour objectif, les 5 autres se focalisant sur 1,5°C de réchauffement. Les seconds imposent des baisses drastiques et immédiates d’émissions (d’au moins la moitié d’ici à 2030), quand les premiers exigent de gros efforts de décarbonation qu’à partir de 2035.

montants accessibles

Le montant de la facture dépend des investissements réalisés. Mais globalement, pour stabiliser le réchauffement aux niveaux décidés lors de la COP 21, les pays du G20[1] devraient investir de 16.000 à 103.000 milliards de dollars d’ici la fin du siècle. Les seuls Etats-Unis, soulignent les chercheurs (dont la plupart travaillent pour des institutions chinoises), devraient débourser de 5.400 à 33.000 milliards de dollars d’ici à 2100 pour éviter les effets trop importants du réchauffement.

Considérables, ces montants restent, finalement, très accessibles, notamment au vu des plans de relance des économies bousculées par la pandémie de Covid-19. Donner un coup d’arrêt au réchauffement nécessiterait pour les 20 pays les plus riches de la planète de consacrer 200 à 1.287 milliards de dollars par an à l’atténuation et à l’adaptation. Soit l’équivalent de 0,2 à 2% de leur produit national brut annuel conjugué.

A contrario, le coût annuel de l’inaction fluctue, pour l’économie monde, entre 1.875 et 10.000 milliards de dollars. Soit l’équivalent de 2 à 12% du PNB mondial actuel. Comme si une pandémie de Covid-19 frappait chaque année.



[1] Les 20 pays les plus industrialisés du monde sont à l’origine de 80% des émissions mondiales de GES.