Le coronavirus détecté dans le réseau d’eau non potable de Paris

Le 20 avril 2020 par Stéphanie Senet
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Le réseau d'eau non potable est une spécificité parisienne datant de la fin du XIXe siècle
Le réseau d'eau non potable est une spécificité parisienne datant de la fin du XIXe siècle
© François Grunberg - Mairie de Paris

Des traces infimes du SRAS-CoV-2 ont été retrouvées dans le réseau d’eau non potable parisien, ce qui a conduit la mairie à suspendre, le 19 avril, leur utilisation pour le nettoyage des rues et l’arrosage des parcs. Aucun risque n’est à craindre pour la consommation d’eau potable.

La présence du SRAS-CoV-2 a été détectée en fin de semaine dernière par le laboratoire de la régie municipale Eau de Paris. «Des quantités infimes ont été décelées dans 4 des 27 points de prélèvement effectués, ce qui a conduit la mairie à suspendre immédiatement l’usage de son réseau d’eau non potable au nom du principe de précaution», a aussitôt déclaré la présidente d’Eau de Paris Celia Blauel. Ce réseau –une spécificité parisienne datant de la fin du XIXe siècle- est habituellement utilisé pour arroser les parcs, nettoyer les rues et alimenter les lacs et cascades ainsi que certaines fontaines ornementales.

Dans les eaux usées et les cours d’eau

La présence du virus n’est pas une surprise. Le SRAS-CoV-2 a été décelé dans les eaux usées qui sont rejetées dans les cours d’eau après épuration. Or, le réseau d’eau non potable parisien est alimenté par une eau «brute» prélevée dans la Seine et le canal de l’Ourcq. «Les concentrations du virus sont très faibles et on ne peut pas dire si, à ce niveau, il est infectieux ou pas», précise Alban Robin, directeur de la recherche développement à Eau de Paris. C’est pourquoi la régie a saisi l’Agence régionale de santé (ARS) afin qu’elle évalue les risques éventuels présentés par ces traces, notamment pour les poissons et les autres animaux. «Nous ne sommes sûrement pas les seuls dans cette situation. Mais comme nous avons notre propre laboratoire, nous sommes les premiers à avoir ces résultats et à donner l’alerte», a complété Célia Blauel.

Des traces infimes

«Quantitativement, les concentrations de virus observées sont de l’ordre de 1.000 unités génome. C’est 5.000 fois que ce qui a été relevé dans les eaux usées et environ 50 fois moins que ce qui est présent dans les eaux usées traitées», indique Alban Robin. En attendant les conclusions de l’ARS, la mairie de Paris nettoiera les rues à l’eau potable. Une consommation supplémentaire d’environ 500 mètres cubes par jour, estime Paul Simondon, adjoint à la maire de Paris en charge de la propreté. Les camions de nettoyage devront bientôt s’abreuver à cette même source. L’arrosage des parcs par pulvérisation d’eau non potable a aussi été arrêté, en attendant d’être raccordé au réseau d’eau potable. Enfin, «le recours au réseau d’eau non potable n’est absolument pas remis en cause à l’avenir», a assuré Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris.

Aucune détection dans l’eau potable

Aucun risque n’est par ailleurs à craindre pour la consommation d’eau potable, «dont le réseau est totalement séparé du réseau d’eau non potable et qui ne comporte aucune trace du virus responsable de la Covid», a ajouté l’adjointe à la maire de Paris en charge de l’environnement. L’eau du robinet provient en effet des ressources d’eau souterraine et des cours d’eau qui ont été potabilisées dans des usines de traitement. «Elle est contrôlée en permanence et soumise à des traitements dits multi-barrières destinés à éliminer toute trace de pollution et de virus», assure Laurent Moulin, responsable du laboratoire de recherche d’Eau de Paris. Par ailleurs, aucun risque de contamination par l’eau potable n’a été détecté dans le monde, depuis le début de la pandémie, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).