Le copié-collé au secours du glyphosate

Le 18 septembre 2017 par Romain Loury
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Le siège de l'Efsa, à Parme (Italie)
Le siège de l'Efsa, à Parme (Italie)

Nouveau (et très gros) malaise sur le dossier du glyphosate: de nombreuses pages du rapport d’évaluation produit par l’Allemagne, pays rapporteur, s’avèrent un copié-collé de documents rédigés par la Glyphosate Task Force, qui rassemble les producteurs de cet herbicide.

C’est le biochimiste autrichien Helmut Burtscher, associé à l’ONG Global 2000, qui en a fait la découverte: des centaines de pages, parmi les 4.300 que compte le rapport de l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR), ont été directement copiées-collées du dossier d’homologation soumis par les industriels, dont Monsanto.

Or les passages incriminés ont trait à l’évaluation d’études indépendantes menées sur le glyphosate. Sans surprise, la plupart de celles révélant un effet toxique (reprotoxicité, cancérogénicité, génotoxicité) y sont jugées de faible qualité, et aussitôt écartées.

L’Allemagne étant pays rapporteur sur le glyphosate, ce rapport allemand a servi de base à celui de l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), lequel se montre aussi bienveillant avec l’herbicide. Ce qui met à mal l’argument, mis en avant par l’Efsa, d’une évaluation indépendante des études scientifiques.

Prochain vote début octobre

S’appuyant sur le rapport de l’Efsa, la Commission européenne propose aux Etats membres un renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour une durée de 10 ans. Après plusieurs échecs en 2016, le dossier va de nouveau être soumis au vote des experts des Etats membres début octobre. Et ce en vue d’un renouvellement qui pourrait avoir lieu en novembre, l’autorisation actuelle expirant en décembre.

Pour Franziska Achterberg, en charge du dossier alimentation chez Greenpeace Europe, «qu’il y ait eu intention délibérée ou négligence, il est inacceptable que des organismes publics reprennent l’analyse de l’industrie à leur compte. Cela remet en cause l’ensemble du processus européen d’homologation des pesticides. Si les régulateurs  ne se fient qu’à l’évaluation de l’industrie, sans mener la leur, la décision quant à la sécurité des pesticides est de fait aux mains des industriels».



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