Le contournement routier de Beynac en voie d’abandon?

Le 21 décembre 2018 par Stéphanie Senet
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Simulation du projet de pont entre Beynac et Floirac
Simulation du projet de pont entre Beynac et Floirac

Si le Conseil d’Etat suit le rapporteur public, il devrait suspendre les travaux de construction d’un large contournement routier à Beynac, près de Sarlat (Dordogne), au cœur d’une des vallées les plus touristiques du Périgord.

Le contournement de Beynac-et-Cazenac vient de prendre un coup dans le bitume. Le rapporteur public de la plus haute juridiction administrative a en effet recommandé, le 20 décembre, la suspension de l’autorisation unique des travaux, délivrée le 29 janvier 2018 par le préfet, au motif que l’intérêt du contournement n’est pas démontré.

Une déviation et deux ponts

Lancé depuis 1985 par le conseil général de Dordogne, le projet vise à construire une déviation routière de 3,2 kilomètres ainsi que deux ponts pour éviter les bouchons du centre-ville pendant l’été. Coût: 30 millions d’euros. Il a provoqué de longue date la colère des défenseurs de l’environnement et du patrimoine, notamment car le village de Beynac-et-Cazenac, l’un des plus beaux de France, surplombe la Dordogne, l’une des plus belles vallées du Périgord noir.

Atteintes aux espèces et aux vestiges antiques

Le pourvoi en cassation avait été formé par les associations Sepanso Dordogne, Sauvons la vallée de la Dordogne et La demeure historique. Celles-ci estiment que ce projet défigurerait à jamais la vallée de la Dordogne, bordée de 6 célèbres châteaux et classée réserve de biosphère de l’Unesco. Elles ajoutent que le contournement porterait des atteintes excessives à plusieurs espèces et à un grand parc archéologique. Un important vestige gallo-romain a en effet été découvert, l’été dernier, lors des travaux. Enfin, elles le jugent inutile, en l’absence d’un «intérêt public majeur». Autant d’arguments qui avaient été repoussés, en avril, par le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux.

Décision dans les prochains jours

L’opposition locale est soutenue par différentes personnalités. A commencer par l’animateur de télévision Stéphane Bern qui s’est ému, en septembre dernier, que les engins de chantier aient dégradé les vestiges gallo-romains situés à Castelnaud-la-Chapelle. Il a écrit au président Macron pour demander l’arrêt immédiat des travaux. La décision du Conseil d’Etat, elle, est attendue dans les prochains jours.

 



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