Le continent africain pourrait perdre 20% de ses éléphants en 10 ans

Le 03 décembre 2013 par Marine Jobert
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20% des éléphants africains pourraient avoir été tués dans 10 ans.
20% des éléphants africains pourraient avoir été tués dans 10 ans.
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Ils sont aujourd’hui 500.000 sur le continent africain; 20% d’entre eux pourraient être tués pour leur ivoire dans les 10 prochaines années. C’est l’inquiétante estimation réalisée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la Convention sur le commerce international des espèces protégées (Cites) et l'organisation de défense de l'environnement Traffic, rendue publique dans un communiqué commun, alors que se tient au Botswana une conférence consacrée à la survie du pachyderme. Sont réunis les représentants d’une trentaine de pays, qui abritent les populations d’éléphants mais aussi les plaques tournantes du trafic et les consommateurs d’ivoire. Les organismes de protection de l’environnement espèrent que ces représentants prendront des décisions fortes pour stopper ces massacres, notamment en renforçant leur législation et la coopération internationale.

 

Extinctions locales

En 2012, près de 15.000 éléphants ont été tués dans 27 pays du continent, selon une étude conduite par la Cites et financée par l’Union européenne. En tenant compte du taux de renouvellement de l’espèce, les experts estiment que la population totale de pachyderme a décliné de 2,4% en 2012. «Le braconnage de l'espèce en Afrique atteint toujours des chiffres très élevés et pourrait entraîner des extinctions locales s'il se poursuit au rythme actuel. La situation est particulièrement préoccupante en Afrique centrale, où le taux estimé de braconnage double la moyenne continentale», a précisé John Scanlon, secrétaire général de la Cites. «Entre 2000 et 2013, le nombre de cargaisons de grandes quantités d’ivoire a considérablement augmenté. L’année 2013 montre déjà une hausse de 20% par rapport à 2011. Nous sommes très inquiets», a déclaré Tom Milliken, expert dans le commerce de l’ivoire à Traffic et qui gère la base de données consacrée à la question pour le compte de la Cites.

 

Un trafic en évolution

Les routes de l’ivoire ont connu, depuis 2009, des évolutions notables, se déplaçant de l’ouest et du centre du continent vers l’est; la Tanzanie et le Kenya sont devenus les points de sortie incontournables de l’Afrique, à destination de la Malaisie, du Vietnam et de Hong Kong, qui approvisionnent Chine et Thaïlande. Mais depuis deux ans, d’autres pays sont entrés dans la danse, décrit Traffic, comme le Togo ou la Côte d’Ivoire, à destination d’Indonésie, Espagne, Sri Lanka, Turquie ou les Emirats arabes unis.

 

Braconnage en Asie

Le braconnage d’éléphants –et de leur ivoire- n’est évidemment pas l’apanage du continent africain. Dans son trimestriel d’information et d’analyses sur le braconnage et la contrebande d’animaux intitulé A la trace, Robin des bois énumère les exactions à l’encontre de l’espèce qui, peu à peu, provoquent l’effondrement des populations en Birmanie, en Inde ou en Indonésie. «Les éléphants de Sumatra sont persécutés par la réduction de leur habitat, la déforestation et les plantations de palmiers à huile. La déforestation a été aggravée par les efforts de reconstruction après le tsunami de décembre 2004. Cette incursion des activités humaines dans le dernier habitat naturel des éléphants de Sumatra provoque évidemment des conflits homme-éléphant», précise l’association écologiste dans la deuxième édition du bulletin. Les animaux peuvent également être utilisés pour transporter des poids importants (comme du bois) ou amuser les touristes. «4.000 éléphants sont exploités par l’industrie touristique en Thaïlande. Seules quelques centaines vivent encore à l’état sauvage

 

 

 



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