Le conseil général de l’Ariège veut expulser les ours

Le 07 novembre 2013 par Marine Jobert
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22 ours dans les Pyrénées.
22 ours dans les Pyrénées.
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Malgré la trêve hivernale, les élus du conseil général de l'Ariège veulent expulser les ours de leur territoire. Des femelles, des mâles et quelques rares juvéniles (22 spécimens sur toute la chaîne pyrénéenne[1]) dont les attaques sur les troupeaux font craindre un abandon progressif des activités pastorales. En cascade, les conseillers généraux redoutent une désertification des estives, la fermeture des espaces et une raréfaction des touristes. Les 22 élus ont donc adopté à l’unanimité, le 4 novembre, une motion réclamant le retrait total du plantigrade de leur département.

Gesticulations stériles

«Les réintroductions d’ours slovènes sont un cuisant échec, génétiquement et économiquement, portant gravement atteinte aux activités traditionnelles de la montagne. Ainsi, notre territoire ariégeois subit de plein fouet les conséquences alarmantes de décisions prises ailleurs, sans concertation des responsables locaux. L’Etat se doit de réparer ce qu’il a volontairement perturbé et endommagé, sachant qu’aucune indemnisation ne saurait compenser les préjudices subis par les éleveurs petit à petit écœurés», écrivent les élus. «Il est absolument certain qu’on ne retirera pas les ours, c’est illégal au regard du droit communautaire. C’est une gesticulation pour ajouter de la tension, ce sont des positions stériles qui ne mèneront nulle part», a réagi Alain Reynes, président de l’association Pays de l’ours–Adet sur France Bleu Roussillon.

Laisser-faire gouvernemental

Ce constat d’impossible cohabitation, selon les conseillers, ne date pas d’hier. Mais les derniers signaux envoyés par l’Etat auront peut-être enhardi la collectivité territoriale, pilotée par la gauche (18 élus sur 22). En juin, des éleveurs du Pays Toy (Hautes-Pyrénées) lançaient un ultimatum à l’Etat. «Le préfet dispose de 48 heures pour retirer l’ours. Passé ce délai, tout sera mis en œuvre pour l’abattre.» En septembre, face à l’atonie gouvernementale, des associations de protection de la nature avaient considéré comme nécessaire de rappeler publiquement que «non, la loi n’autorise pas d’effaroucher une espèce protégée! Non, la loi n’autorise pas de retirer les ours des Pyrénées! Non, la loi n’autorise pas de menacer ou d’insulter des agents assermentés! Et non bien sûr, la loi n’autorise pas d’abattre une espèce protégée!». Un rappel à la loi qui n’a pas empêché Philippe Martin de promettre, à l’occasion du congrès de l'Association nationale des élus de montagne à Cauterets (Hautes-Pyrénées), des «interventions d’effarouchement et de déplacement».

 

[1] En France (Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne et Ariège) et dans trois provinces espagnoles (Navarre, Aragon et Catalogne).

 



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