Le Conseil d’Etat saisi pour demander la réouverture des parcs parisiens

Le 27 mai 2020 par Victor Miget
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Ces deux derniers jours, l’association Respire et les élus EELV au Conseil de Paris ont saisi le Conseil d’Etat pour obtenir la réouverture des parcs et jardins en zone rouge.

 

Le feuilleton a débuté avec la maire de Paris. Anne Hidalgo avait demandé à plusieurs reprises la réouverture des parcs et jardins parisiens. Se heurtant invariablement au refus du Premier ministre Edouard Philippe. Crise sanitaire oblige, priorité était donnée à la protection de la santé et à la lutte contre la propagation de la Covid-19.

Contournement. Mercredi 27 mai les Amis de la Terre France, Notre Affaire à Tous, Wild Legal et Maiouri Nature Guyane ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat afin d’obtenir l’annulation d’un décret du 8 avril 2020. «Ce décret, adopté en plein confinement, permet aux préfets de contourner les normes existantes pour prendre des décisions dans des domaines étendus, tels que l’aménagement du territoire, l’environnement et la construction, ainsi que l’octroi de subventions», dénoncent les ONG dans un communiqué.

Qualité de l’air

Mais ces derniers jours, Anne Hidalgo a vu grossir les rangs de ses partisans. Dernières recrues en date: les écologistes de Paris et d’Ile-de-France. Ces élus EELV ont annoncé mardi 26 mai, avoir saisi le Conseil d’Etat en référé-liberté pour obliger l’Etat à rouvrir les parcs et jardins dans les zones rouges. La veille, l’association Respire avait fait de même.

 «Il est incontestable que l'interdiction d'accéder aux parcs, jardins et autres espaces verts aménagés porte une atteinte à la liberté fondamentale de bénéficier d'un environnement équilibré et respectueux de la santé», avancent les écologistes dans leur requête.

Ces effets bénéfiques seraient d’autant plus appréciés que les français ont pour beaucoup, été confinés dans de petits espaces. Plus que du simple besoin de voir un peu de vert, il est surtout question de santé respiratoire rappelait Respire. «La pollution de l’air intérieur étant problématique dans de nombreux cas, il est essentiel que les citoyens puissent prendre l’air ailleurs que sur les trottoirs pollués par le trafic routier».

Effet pervers

Respire comme EELV jugent même contreproductive la décision de maintenir la fermeture des parcs et jardins. Selon les plaignants, elle pourrait avoir l’effet inverse que l’objectif poursuivi. «Parce qu’ils n’ont pas accès aux espaces publics, les gens s’agglutinent comme ils peuvent sur les trottoirs ou les bas cotés. Ils ne respectent pas les distances de sécurité et s’exposent à un risque accru de transmission du Covid-19. La situation est absurde», martèle Olivier Blond, directeur de Respire  Meilleur exemple, les berges du canal Saint-Martin à Paris. Pris d’assaut dès le 11 mai, elles avaient été évacuées par les forces de l’ordre le jour même.

Respire plaide pour un compromis. Le gouvernement réglementerait l’accès aux parcs et jardins publics. Et ce, en prévoyant des plages horaires «selon les catégories de personnes ou en interdisant certaines pratiques ou activités telles que le pique-nique ou une présence statique prolongée». Suggestions qui pour certaines avaient déjà été émises par Anne Hidalgo. Sans succès.