Le confinement donne des ailes aux produits biologiques

Le 14 avril 2020 par Stéphanie Senet
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Forte croissance des produits bio depuis la mi-mars
Forte croissance des produits bio depuis la mi-mars

Selon une étude publiée le 8 avril par Nielsen, la consommation de produits bio explose en France depuis le début du confinement. En particulier dans les magasins de proximité et en drive.

Si la consommation de produits bio ne cesse de progresser chaque année, le phénomène ne s’est pas arrêté avec le confinement. Bien au contraire. Alors que sa croissance moyenne était de 12% début février[1], elle oscille désormais entre 20 et 60% selon les semaines, depuis la mi-mars.

Les produits bio creusent ainsi leur écart avec les produits conventionnels, passant de 14 points début février à 20 points, et parfois plus, pendant le confinement.

Surtout dans les magasins de proximité

Dans les magasins bio spécialisés, le prix du panier moyen a progressé de 48% pour atteindre 59 euros selon Biotopia. Mais les achats en bio ont bondi dans tous les points de vente, commerces de proximité (+73% pendant les deux premières semaines confinées), drive (+74%) et supermarchés (45,5%). Les hypermarchés étant désertés, la hausse n’y est que de 2%. A noter que l’étude ne s’est pas intéressée à la vente à la ferme ni aux AMAP, «deux circuits pourtant sollicités par de nouveaux consommateurs», note Philippe Henry, président de l’Agence bio.

Des produits bio et locaux à partager en famille

Selon Nielsen, cet appétit est lié à une préférence accrue pour les produits locaux au détriment des produits «globalisés», pour les commerces de proximité et à une consommation plus importante dans les foyers, où l’on consomme traditionnellement davantage de bio qu’à l’extérieur. «Les consommateurs veulent être rassurés par l’origine des produits et ils ont davantage de temps pour cuisiner. Ils veulent des produits de qualité», complète Philippe Henry, de l’Agence bio.

A noter que cette progression touche aussi d’autres produits, comme les produits d’entretien écologiques, en hausse de 68% depuis un mois contre 25% pour les produits conventionnels, selon Nielsen.

Une nouvelle carte du bio

Au niveau géographique, les croissances les plus fortes (+ de 25%) ont été enregistrées dans le Nord, le Nord-Ouest, l’Est et le Sud-Ouest de la France, selon Nielsen. Des régions productrices de bio, qui ont par ailleurs accueilli des Parisiens sur-consommateurs de bio. Dans la capitale, la croissance s’est d’ailleurs tassée au-dessous de 10%.

Un emballement à confirmer

Prudent, le président de l’Agence bio préfère attendre quelques semaines avant d’en tirer des conclusions. «L’emballement que nous avons également constaté lors des deux premières semaines du confinement semble s’essouffler dans certaines filières, comme les céréales. Par ailleurs, des personnels moins nombreux dans les abattoirs ont perturbé la filière viande. Autant de signaux que nous allons suivre après le confinement, notamment dans le secteur du drive», nuance-t-il.

Pendant le confinement, les certifications continuent. C’est ce qu’assure l’organisme Ecocert, spécialiste des pratiques écologiques, qui procède à «des audits à distance, notamment en visio-conférence», «pour assurer la continuité des chaînes logistiques».

 

 



[1] Par rapport à la même semaine en 2019