Le compteur communicant dans les starting blocks

Le 04 mai 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Eric Besson s'apprête à donner le go à Linky.
Eric Besson s'apprête à donner le go à Linky.

Imposé par une directive européenne, le compteur d’énergie communicant doit permettre de favoriser la concurrence et les économies d’énergie. La France s’apprête à lancer son programme de remplacement des compteurs.

Un peu plus d’un mois après la fin officielle de l’expérimentation du premier compteur d’électricité communicant (baptisé Linky), Eric Besson, ministre chargé de l’énergie, a installé ce mercredi 4 mai le comité de suivi de l’expérimentation.
 
Composé d’opérateurs, d’énergéticiens, des autorités concédantes, du médiateur de l’énergie, de la Commission de régulation de l’énergie, de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), d’associations de consommateurs et d’industriels concernés, cette commission devra tirer les premiers enseignements du déploiement expérimental de 300.000 compteurs communicants réalisé en Indre-et-Loire et à Lyon, ces derniers mois.
 
Cela étant, les grandes lignes des conclusions sont d’ores et déjà connues. «Les compteurs installés fonctionnent et s’intègrent parfaitement dans le réseau de distribution comme dans la vie quotidienne des usagers», indique Michèle Bellon, la présidente d’ERDF.
 
Pour autant, reprend Eric Besson, quelques petits ajustements restent à faire avant que les différentes instances concernées (comité de suivi, CRE, gouvernement) ne donnent leur feu vert au remplacement des 35 millions de compteurs mécaniques et électroniques actuels par des Linky blanc et vert.
 
D’une part, faciliter la lecture par lesdits usagers de leur consommation. «Notamment, mais pas seulement, chez les ruraux dont le compteur est à l’extérieur du domicile», précise le ministre.
 
Crainte souvent exprimée par les associations de consommateurs, la protection des données personnelles et de la vie privée devra aussi être renforcée. La Cnil devrait d’ailleurs publier ses propositions, dans quelques jours.
 
Eric Besson souligne enfin l’importance de la pédagogie qui devra être faite dans les prochains mois. Auprès des usagers à qui l’on devra expliquer l’intérêt et le mode d’emploi de ce nouveau compteur. Un aspect fondamental. Car ce sont les nouveaux comportements énergétiques que les Linky engendreront qui permettront de réaliser de 5 à 15% d’économie d’électricité, affirme-t-il.
 
Auprès des fournisseurs d’énergie, ensuite, qui devront proposer des offres tarifaires compréhensibles par leurs clients. «Il ne faut pas créer une jungle tarifaire», lance le ministre.
 
Pour ERDF, la chose est entendue: l’expérimentation est une réussite. La filiale distribution d’EDF s’estime prête à démarrer le déploiement grandeur nature. Elle estime pouvoir le faire dans le cadre de l’enveloppe initialement fixée, «soit 4 milliards d’euros pour remplacer 35 millions de compteurs», rappelle Michèle Bellon. Un investissement totalement pris en charge par l’entreprise, remarque-t-elle. Ce qui devrait toutefois nécessiter une hausse du tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité (Turpe), une taxe qui assure 90% des recettes d’ERDF.
 
Ce quasi-démarrage du grand remplacement peut paraître un peu rapide à certains observateurs. Mais pouvait-il vraiment en être autrement? La législation européenne impose que 80% des réseaux de distribution soient couverts par de tels compteurs d’ici 2020, pour favoriser la concurrence et les économies d’énergie. Si la France veut atteindre cet objectif, le «go» gouvernemental doit être donné au plus tôt.
 
Bercy prévoit de rendre sa décision «avant la fin de l’été», affirme Eric Besson. Dans la foulée, ERDF devra lancer un appel d’offres européens portant sur les compteurs, les systèmes informatiques et de télécommunications.
 
Ensuite, il faudra plusieurs années pour équiper les 35 millions de points d’alimentation.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus