Le Cogic cherche sa place

Le 05 janvier 2005 par Christine Sévillano
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Et si un tsunami se produisait en Méditerranée comme les scientifiques le redoutent, les pouvoirs publics auraient-ils les moyens d'alerter les populations côtières? A priori, la réponse est affirmative. La France dispose du Cogic, un organisme gouvernemental d'alertes destinées aux ministères. Il rencontre néanmoins des difficultés à trouver sa place.

Que peuvent avoir en commun le séisme de la Guadeloupe du 27 décembre, le tsunami qui a ravagé l'Asie du Sud, les événements de Côte d'Ivoire ou encore la canicule? Les informations sur ces différents événements ont été traitées par le Centre opérationnel de gestion interministériel des crises (Cogic), cellule de la sécurité civile dépendant du ministère de l'Intérieur créée en 1959. L'organisation gouvernementale centralise les données de différentes sources pour informer les ministères et réagir si nécessaire quelle que soit la nature de la crise politique, économique, sociale ou naturelle. L'objectif est la sauvegarde des populations, des biens et de l'environnement. Selon la définition consacrée, "il constitue en permanence ou en cas de dysfonctionnement grave, un outil unique pour réagir, suivre l'événement, coordonner l'ensemble des moyens de secours, humains et matériels, locaux et nationaux, publics ou privés".

La spécificité du Cogic réside dans son côté généraliste. "Mais nous ne faisons que transmettre l'information aux différents ministères concernés qui s'organisent ensuite afin d'engager une action rapide et d'adapter les réponses à la crise", explique le Lieutenant Motsch de la Commission de sécurité civile. Ainsi le Cogic transmet les alertes de Météo France aux ministères concernés qui décident alors, comme le 20 décembre, de déclencher le Plan grand froid. Grâce à ces données, le ministère délégué à la lutte contre l'exclusion a décidé de dégager 7.600 places pour les sans-abris dans les 25 départements concernés par la vague de froid. Le Cogic est en état permanent de veille, outre la centralisation, il peut devenir le lieu de coordination des actions.

Pourtant un rapport, intitulé "La France et les Français, les leçons d'une crise" et déposé le 3 février 2004 au Sénat, note une prise de conscience tardive du Cogic concernant les conséquences de la canicule. Ce qui est dû selon les rédacteurs à une "distinction difficile du champ de compétences de la sécurité civile et de la sécurité sanitaire, ainsi que les insuffisances de la communication entre les administrations concernées". Le fonctionnement entre les institutions est donc mis en cause. Toutefois, les sénateurs observent que depuis l'été 2003 le Cogic entretient des relations plus étroites avec l'Institut national de veille sanitaire (INVS), le ministère de la Santé et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La mission parlementaire a également proposé l'établissement d'un Conseil national de sécurité sanitaire distinct du Cogic, qui "confronté à une crise aux facettes multiples, pourrait ne pas placer les problèmes de santé publique en tête de ses priorités".

Le Plan canicule, mis en oeuvre par le gouvernement depuis mai 2004, renforce le rôle de l'INVS en tant qu'émetteur d'informations. Le Cogic sera appelé seulement en cas d'intervention à la demande du ministère de la Santé. Il doit alors diffuser ses instructions dans les zones de défense et les départements. En cas de troubles à l'ordre public, il devra aussi réquisitionner, si nécessaire, les moyens de transport, les médias, voire l'armée. Si dans certains secteurs le Cogic s'est révélé efficace, dans d'autres comme la sécurité sanitaire, sa place ne semble pas être définie au risque de parasiter certains dispositifs de gestion de crise.




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