Le cocktail 2011 des polluants atmosphériques

Le 07 mai 2013 par Stéphanie Senet
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Le transport routier, très souvent en cause...
Le transport routier, très souvent en cause...

Le Commissariat général au développement durable (CGDD) a actualisé, le 6 mai, les données statistiques sur les polluants contenus dans l’atmosphère de l’Hexagone. Mauvais résultats assurés pour les NOx, les particules fines et l’ozone.

Le dioxyde de soufre (SO2) poursuit sa régression. Principalement émis lors de l’utilisation de combustibles fossiles soufrés, comme le charbon, le fioul ou le gazole, ainsi que certains procédés industriels, ce gaz irritant pour l’appareil respiratoire représente encore 122.000 tonnes d’émissions pour l’année 2011. A noter que pour ce polluant, la France se trouve dans les clous de la directive sur les plafonds nationaux d’émission (NEC) qui fixe à 375.000 tonnes les émissions totales autorisées en 2010.  

Si les émissions de SO2 ont baissé, c’est en raison de la forte réduction de la consommation d’énergies fossiles depuis 1980 (-93%) et des émissions du transport routier (-99%) depuis 1990.

Quant aux concentrations moyennes de SO2 dans l’air, elles culminent à 15 µg/m3 en 2011 alors que la valeur limite journalière, à ne pas dépasser plus de 3 jours par an, s’élève à 125 µg/m3.

Les oxydes d’azote (NOx), pour leur part, ont atteint 997.000 tonnes en 2011. Un résultat qui place la France en infraction par rapport à la directive NEC qui limite ces émissions à 810.000 tonnes en 2010. Il faut dire que l’Hexagone part de loin. La réduction enregistrée depuis 1990 dans la transformation d’énergie (-56%), le transport routier (-51%), l’agriculture et la sylviculture (-43%), ou l’industrie manufacturière (-42%), ne suffit pas. A noter que ce sont les véhicules automobiles qui représentent la principale source d’émissions (57%).

Au chapitre des émissions de particules fines, la France a produit 355.000 tonnes de PM10, 245.000 tonnes de PM2,5 et 141.000 tonnes de PM1.

Contrairement à certaines idées reçues, les PM10 sont surtout émises par l’industrie manufacturière (34% en 2011). Le transport routier, via les moteurs diesel, représente quand même 17% des émissions annuelles.

Au niveau des concentrations dans l’air, 20% des stations nationales ont dépassé en 2011, pendant plus de 35 jours, la moyenne journalière de 50 µg/m3. C’est d’ailleurs en raison de cette pollution que Bruxelles a assigné l’Etat français devant la Cour de justice de l’Union européenne, en mai 2011, «pour le non-respect des valeurs limites applicables pour les PM10 depuis 2005 dans 15 zones et pour n’avoir pas pris suffisamment de mesures pour réduire cette pollution».

Pour compléter ce sombre tableau, la France affiche aussi une pollution importante à l’ozone (O3). Le seuil d’information moyen de 180 µg/m3 par heure est dépassé chaque année, le plus souvent dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes, l’Est et le Bassin parisien. En 2011, 20% des stations ont précisément dépassé cette valeur, pour un total de 337 heures de dépassement. 1,3% des stations ont même dépassé au moins une fois le seuil d’alerte (240 µg/m3 en moyenne horaire).

Les émissions de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), dont certains sont toxiques ou cancérigènes, ont représenté 799.000 tonnes en 2011. Un résultat inférieur au maximum autorisé par la directive NEC (1,05 million de tonnes en 2010).

Provenant en grande partie du secteur résidentiel (40%) et de l’industrie manufacturière (35%), elles ont surtout baissé dans le transport routier (-92% entre 1990 et 2011) avec la mise en place du pot catalytique.

A noter que des pesticides ont été relevés dans toutes les études menées par les associations de surveillance de la qualité de l’air, alors même que leur réglementation fait défaut (voir JDLE).

Enfin, les principaux métaux lourds émis dans l’atmosphère sont le Plomb (Pb), le mercure (Hg), le cadmium (Cd), l’arsenic (As), le chrome (Cr), le cuivre (Cu), le nickel (Ni), le sélénium (Se) et le zinc (Zn). C’est le cadmium qui pose surtout problème, avec des dépassements des valeurs-limites (5 ng/m3 ) dans 2 sites de mesure sur les 70 du territoire. Ceux-ci se trouvent en Midi-Pyrénées, à proximité d’une zone industrielle.

www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/s/pollution-lair.html

 



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