Le CO2, un danger climatique mais aussi sanitaire

Le 08 juillet 2019 par Romain Loury
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Les bébés premières victimes attendues de la hausse de la concentration de CO2 dans l'air.
Les bébés premières victimes attendues de la hausse de la concentration de CO2 dans l'air.

La hausse du CO2 atmosphérique n’est pas qu’un problème climatique, elle en est aussi un d’ordre sanitaire: aux niveaux que pourrait atteindre la planète avant la fin du 21ème siècle, le gaz carbonique pourrait entraîner divers effets (cardiovasculaires, rénaux, osseux, neurologiques, etc.) sur la population, révèle un article publié lundi 8 juillet dans Nature Sustainability.

 

Du fait qu’il est le principal gaz à effet de serre anthropique, le CO2, dont la teneur moyenne dans l'atmosphère a atteint 405,5 ppm en 2017 contre 260 ppm à l’ère préindustrielle, est rarement considéré autrement que pour ses effets sur le climat. Or la hausse attendue de sa concentration au cours du 21ème siècle pourrait, indépendamment des effets climatiques eux-mêmes riches en retombées sanitaires, constituer un danger pour la santé humaine.

Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), la concentration atmosphérique en CO2 devrait atteindre 670 ppm avec un scénario RCP 6 (réchauffement mondial moyen de +2,2 °C en 2100 par rapport à 1986-2005), voire 936 ppm avec un scénario RCP 8.5 (+3,7 °C).

A l’extérieur comme à l’intérieur

La situation pourrait être pire dans les grandes villes, où la teneur pourrait dépasser les 1.000 ppm, notamment celles situées dans des cuvettes, comme Mexico, Athènes ou Grenoble, rappelle l’équipe de William Funk, de la Feinberg School of Medicine de Chicago (Illinois), dans son article. Autre danger, l’air intérieur, qui, faute d’aération, dépasse fréquemment les 1.000 ppm de CO2, frôlant même les 2.000 ppm. Des niveaux qui pourraient encore s’accroître si le niveau de fond, à l’extérieur, s’élève.

Or plusieurs études montrent que l’homme, physiologiquement habitué à des teneurs de 260 ppm, est très sensible à des teneurs aussi élevées. Les effets peuvent être aigus, avec des maux de tête, des troubles de la concentration et de résolution des problèmes: entre autres études, les chercheurs citent l’une d’entre elles, qui a montré une baisse de performance de 21% à des tests cognitifs pour toute hausse de 400 ppm de la teneur en gaz carbonique.

Des populations vulnérables

Les conséquences peuvent aussi être chroniques, liée à une exposition à long terme, comme le montrent plusieurs études chez l’animal: constante inflammation de bas niveau (avec des effets cardiovasculaires et diabétogènes), déminéralisation osseuse pouvant conduire à l’ostéoporose, calcification rénale, changements comportementaux (stress, anxiété, léthargie), hausse de l’appétit pouvant favoriser l’obésité, etc.

Selon les chercheurs, ces maux du carbone seraient particulièrement problématiques pour les nourrissons et les enfants, qui absorbent une plus grande quantité d’air ramenée à leur poids, ainsi que chez les personnes souffrant de troubles respiratoires, dont la plus faible ventilation empêche une bonne élimination du dioxyde de carbone.



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