Le climat: priorité pour les candidats français aux Européennes

Le 16 avril 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Candidate EELV, Marie Toussaint est "madame 2 millions de signatures".
Candidate EELV, Marie Toussaint est "madame 2 millions de signatures".
VLDT

 

En accord avec les demandes des électeurs, les candidats des principales listes aux élections du 26 mai mettent la lutte contre le réchauffement en tête de leurs priorités d’action.

 

N’en déplaisent aux formations souverainistes, nationalistes, eurosceptiques, ‘brexiteuses’ ou xénophobes, le climat sera au cœur du débat des Européennes. C’est d’ailleurs le souhait formulé par une majorité d’électeurs dans 11 pays de l’Union. Dans un sondage commandé par la Fondation européenne pour le climat[1], 79% des électeurs estiment que les partis donnent la priorité à la lutte contre le réchauffement. Curieusement, ils ne sont que 66% à vouloir que soient engagées des politiques visant à les protéger contre les événements météorologiques extrêmes.

Passage à l'acte difficile

Les bonnes volontés se font plus rares lorsqu’il s’agit de passer à l’acte. Seuls 59% des électeurs sont enthousiastes à l’idée que le futur Parlement européen restreigne l’usage du gazole ou du charbon. Et un sondé sur deux considère que l’assemblée de Strasbourg devra augmenter la taxation du carbone et utiliser les recettes pour promouvoir les énergies renouvelables et financer l’isolation des logements.

Evaluation des parlementaires. Cela va devenir facile d’évaluer l’action  des Eurodéputés. Le RAC vient de mettre en ligne un site rappelant votes et temps de présence des parlementaires de la précédente mandature. Sans surprise, élus socialistes et écologistes sont plus assidus et les plus verts.

Le message a été perçu «fort et clair» par la plupart des formations politiques en lice pour le scrutin du 26 mai (en France). Au cours d’un débat organisé ce mardi 16 avril par le Réseau Action Climat (RAC) et l’Institut Jacques Delors, tous les candidats présents ont mis le climat en tête de l’agenda[2]. Nouvelle recrue de la liste Place Publique-PS, Pierre Larrouturou a de longue date plaidé pour la cause. Le créateur de Nouvelle Donne soutient le lancement d’un plan Mashall climatique pour l’Europe et l’Afrique, financé par une banque du climat et un impôt (de 5%) sur les bénéfices des entreprises européennes.

sortir de la dépendance aux fossiles

De l’argent, il en faudra pour lutter contre le réchauffement, priorité numéro un aussi pour les candidats de Génération.s. A ce propos, Pierre Serne estime qu’il faut faire évoluer le mandat de la Banque centrale européenne (BCE) plutôt que créer une nouvelle institution. Ce qui devrait permettre à l’économie communautaire d’investir 500 milliards d’euros (442 Md€) par an en faveur du climat, souligne l’ancien spécialiste des transports d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Cristina Storoni ne va pas jusque-là. Cette proche de Laurent Wauquiez (LR) propose «de sortir de l’Europe de la dépendance des énergies fossiles, tout en minimisant les coûts». L’ancienne lobbyiste de Rhône-Poulenc propose aussi d’établir la taxe carbone aux frontières de l’UE: une mesure bonne pour le climat et la sécurité alimentaire, avance-t-elle.

hausse du budget climat

Dynamiter le système: Marie Toussaint n’y est pas favorable. Eligible sur la liste EELV, l’initiatrice de l’Affaire du siècle propose de «durcir les règles», tant en matière de décarbonation que de défense de la biodiversité. Madame «2 millions de signatures» propose notamment de porter à 50% la part du budget communautaire devant aller à la protection des écosystèmes et du climat (contre 25% aujourd’hui) et d’accroître la pression pesant sur les paradis fiscaux en Europe. Ce n’est qu’ensuite que la juriste propose de réviser le traité européen de sorte que «la protection de la planète devienne un projet de société».

Il ne s’en cache pas: Pascal Canfin peine à se démarquer de nombreuses propositions de ses concurrents. L’ancien eurodéputé et ministre EELV, passé depuis à La République en marche, apprécie «ces convergentes très fortes» qui permettront de nouer les nécessaires alliances au Parlement européen. Et pourquoi pas sur la taxe carbone aux frontières: «Un projet qui existe depuis la présidence de Nicolas Sarkozy mais que l’on n’a pas réussi à faire aboutir», souligne l’ancien directeur général de la branche française du WWF.

taxe aux frontières

L’ex-consultant pour le World Resources Institute (WRI) trouvera sur ce terrain une alliée inattendue en la personne de Manon Daubry. La tête de liste de la France insoumise veut aussi l’instauration de cette taxe aux frontières. Non seulement pour décarboner nos importations, mais aussi pour freiner le développement du trafic mondial de marchandises. L’ancienne porte-parole d’Oxfam France propose aussi de nationaliser des secteurs économiques vitaux, comme l’énergie ou les transports, et de réviser le traité de Maastricht, notamment pour abroger la règle limitant le déficit public annuel à 3% du produit intérieur brut.

 



[1] réalisé par Ispos auprès de 2.000 personnes recrutées en Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, France, Italie, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Pays-Bas

[2] Invité, le RN n’a pas envoyé de représentant.

 



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