Le climat n’aime finalement pas trop la crise

Le 08 octobre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les centrales sont plus faciles à allumer qu'à éteindre.
Les centrales sont plus faciles à allumer qu'à éteindre.

Lorsqu’on suit de près les questions climatiques, on ne peut s’empêcher de louer les effets secondaires de la crise économique. En réduisant l’activité industrielle, en diminuant les besoins de mobilité, en raccourcissant les périodes de vacances, la récession contribue à l’allègement de notre empreinte carbone. Reste à savoir si ces coups de frein carboniques contrebalancent les dividendes climatiques des périodes de croissance économiques.

Richard York s’est penché sur la question. Et ses conclusions ne sont pas très enthousiasmantes. En croisant les statistiques économiques et carboniques de 150 pays entre les années 1960 à 2008, ce chercheur de l’université de l’Oregon a fait une triste (mais prévisible) découverte.

Dans son article publié dimanche 7 octobre par Nature Climate Change, il montre une asymétrie entre les effets sur le climat de la crise et de la croissance du produit intérieur brut.

Pour résumer, à chaque point de croissance économique, les émissions de gaz carbonique par habitant augmentent d’environ 0,7%. En revanche, le taux de réduction d’émission n’est que de 0,4% par point de croissance perdu. Et cela fonctionne aussi avec des chiffres plus globaux.

Entre 2008 et 2009, le produit mondial brut, nous rappelle le Fonds monétaire international, a fondu de 2,2%. Mais durant la même période, les émissions planétaires de CO2 n’ont reculé que de 0,35%. Entre 2009 et 2010, en revanche, l’économie mondiale a retrouvé des couleurs: +4,2%. Et les émissions sont fortement reparties à la hausse: +5,9%, souligne le CDIAC, un centre de recherche sur les changements climatiques dépendant du secrétariat à l’énergie américain.

Comment expliquer une telle asymétrie? Simple, répond Richard York. En période d’euphorie économique, les consommateurs (particuliers, entreprises, collectivités) acquièrent des biens durables comme des voitures, des centrales électriques ou des immeubles. Ces biens restent durablement émetteurs, même en période de ralentissement de la croissance ou de récession.



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