Le climat menace notre alimentation

Le 27 février 2017 par Romain Loury
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Une offre alimentaire menacé par le réchauffement
Une offre alimentaire menacé par le réchauffement
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Le réchauffement climatique nuit gravement à notre production agricole: selon divers travaux menés par une équipe de l’université d’Oxford, notre alimentation pourrait s’en ressentir, aussi bien en quantité qu’en qualité. A moins de changer radicalement nos habitudes de consommation.

Avec le réchauffement en cours, l’agriculture, sommée de produire 70% d’ici 2050 pour répondre  à la demande alimentaire croissante, sera rapidement soumise à de fortes tensions. Les retombées sanitaires pourraient être dramatiques, comme l’a révélé une étude britannique rendue publique quelques mois avant la COP21, qui s’est tenue en décembre 2015 à Paris, puis publiée en mai 2016 dans la revue médicale The Lancet.

-4% de fruits et légumes

Menée par l’équipe de Peter Scarborough, du département de santé publique de l’université d’Oxford, elle montre que les apports caloriques pourraient diminuer de 3,2% pour les Terriens, leur consommation de fruits et légumes de 4%, dans un scénario tendanciel RCP8.5 (+2,6°C à +4,8°C d’ici 2100).

Le bilan humain serait de 529.000 décès additionnels par an dans le monde, du seul fait des changements alimentaires liés au réchauffement, freinant de 28% les gains sanitaires liés au développement des pays du Sud.

C’est la moindre production de fruits et de légumes qui aurait le plus d’impact: de plus en plus touchée par l’obésité et le surpoids, la Chine serait le pays le plus affecté. L’Inde sera la première victime de la malnutrition d’origine climatique.

L’alimentation, victime et coupable

Si l’agriculture est victime des changements climatiques, elle pourrait contribuer à les atténuer. Par d’adoption de pratiques agricoles plus climatocompatibles, certes, mais aussi par un changement mondial de régime alimentaire. D’autres travaux menés par l’équipe de Peter Scarborough montrent en effet que délaisser les régimes trop carnés pourrait fortement freiner nos émissions liées à l’alimentation.

Selon cette étude publiée en mars 2016, ne rien changer à notre alimentation pourrait augmenter de 51% les émissions d’origine alimentaire. Cette hausse ne serait déjà plus que de +7% si le Terrien moyen respectait les recommandations nutritionnelles - cinq fruits et légumes, pas plus de 43g de viande rouge par jour. Or un régime végétarien universel pourrait les abaisser de 45% par rapport au niveau actuel, un régime végétalien de -55%. Le tout en évitant jusqu’à 8,1 millions de morts par an en 2050.

Une taxe pour la santé et le climat

Comment inciter les consommateurs à se tourner vers une alimentation plus vertueuse, pour leur santé comme pour le climat? En partie par une taxe sur les aliments, calculée selon l’empreinte carbone de chaque aliment. Dans une nouvelle étude publiée en novembre 2016, la même équipe britannique boucle en partie la boucle: une telle taxe pourrait éviter jusqu’à 500.000 décès par an, et diminuerait de 9,3% les GES d’origine alimentaire. Soit 10% des efforts d’atténuation nécessaires, en 2020, pour demeurer en-deçà d’un réchauffement de +2°C.



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