Le climat: menace majeure pour le ministère des Armées

Le 16 octobre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les armées devront aussi s'adapter au nouveau contexte climatique.
Les armées devront aussi s'adapter au nouveau contexte climatique.
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Dans sa Revue stratégique de défense et de sécurité nationale, l’Hexagone Balard souligne que les conséquences du réchauffement vont accélérer et amplifier les crises géostratégiques. Avec de possibles retombées sur les territoires français.

 

Ce sera sans doute difficile au gouvernement de serrer un peu plus la vis aux armées. Car l’avenir géostratégique esquissé par les stratèges du ministère chargé de la défense s’annonce des plus sombres.

Régulièrement, l’Hexagone Balard publie sa vision du monde et des menaces pesant sur la France et ses alliés. Une base pour la rédaction de la loi de programmation pluriannuelle militaire.

 

Terrorisme jihadiste

Quatre ans après la publication du Livre blanc, la ministre Florence Parly a remis le 12 octobre au président de la République la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale: un document qui fait froid dans le dos.

Sans surprise, le terrorisme jihadiste y est classé comme «menace prioritaire pour nos sociétés et nos populations». Ce n’est pas la seule.

La guerre froide a cédé la place à un monde multipolaire «dont l’instabilité et l’imprévisibilité sont les figures dominantes». Levant, golfe arabo-persique, Asie sont des régions où émergent des puissances en devenir et s’aiguisent de nouveaux rapports de force.

 

Crises à nos portes

Plus proche de nous, l’Europe et la France voient à leurs portes un retour de la guerre (Libye, Ukraine, Syrie) ainsi qu’une concentration de «défis sans précédent» depuis la chute du bloc soviétique: crise migratoire, vulnérabilité persistante dans la bande sahélo-saharienne, déstabilisation durable au Proche et Moyen-Orient.

Pas gai. D’autant que les éléments accélérant ou amplifiant les crises sont légions: changements climatiques, risques pandémiques, trafics, criminalité organisée «aggravent ces phénomènes en multipliant les vulnérabilités et les causes de déstabilisation».

Climat et sécurité, les liens ne sont pas nouveaux. Mais les experts tricolores ont mis du temps, par rapport à leurs confrères britanniques ou américains, à considérer que le bouleversement du cycle de l’eau, par exemple, pouvait engendrer un cycle infernal: baisse des rendements agricoles, exode rural dans des villes où la sécurité alimentaire fait défaut. Le tout pimenté par une démographie galopante (en Afrique sub-saharienne notamment) et la faiblesse structurelle des Etats.

 

Théâtre en devenir

Les régions les plus exposées aux conséquences du réchauffement ne manquent pas: espace sahélien (Niger, Mali, Mauritanie, Tchad), espace sud-asiatique (Pakistan, Bangladesh), petits Etats insulaires du Pacifique. «Dans les zones intertropicales sèches (Sahel) et humides (Bangladesh), très exposées aux phénomènes dépressionnaires extrêmes, la poursuite du réchauffement peut accentuer les mouvements de migration.»

Deux autres théâtres s’annoncent mouvementés: la haute mer, où de plus en plus de puissances se disputeront les ressources halieutiques, et les départements et collectivités d’Outre-mer, soumis aux événements climatiques extrêmes, à la montée du niveau de l’océan et, comme à Mayotte ou en Guyane, aux flux de réfugiés. Souvent climatiques.

 



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